À l’instar de 104 autres villes à travers le monde, des centaines de personnes ont marché dans les rues de Montréal, cet après-midi, à l’occasion de la Journée d’action mondiale pour le droit humain en Iran.
«Arrêtez la violence en Iran», ont scandé plusieurs sympathisants, pancartes à la main, durant tout le trajet.
Organisée par le mouvement Unis pour l’Iran, cette marche vise à dénoncer la répression qui sévit actuellement en Iran depuis les élections du 12 juin.
Amnistie se solidarise
Venue adresser quelques mots à la communauté iranienne de Montréal, la directrice d’Amnistie Internationale, Béatrice Vaugrante, tenait aussi à réitérer la solidarité de son organisation aux revendications du mouvement Unis pour l’Iran.
«Nous demandons des actions pour libérer les prisonniers d’opinions (actuellement détenus dans les prisons iraniennes). Qu’on laisse les gens faire leur protestation pacifique», proclame-t-elle.
Depuis le 12 juin, une vingtaine de personnes ont été tuées lorsque des milliers de gens sont descendus dans la rue pour dénoncer les irrégularités des dernières élections. D’autres ont été jetées en prisons, puis torturées.
«Nous demandons des comptes sur l’identité de ces morts», ajoute Béatrice Vaugrante.
Selon Amnistie Internationale, la communauté internationale doit maintenir l’attention sur ce qui se passe actuellement en Iran. L’organisation soutient qu’il faut que l’ONU instaure une enquête indépendante et impartiale sur la répression actuelle.
Grève de la faim
Depuis hier matin, 16 membres de la communauté iranienne de Montréal ont entrepris une grève de la faim pour attirer l’attention sur la situation actuelle en Iran.
Les grévistes revendiquent la libération des prisonniers politiques souvent arrêtés sous de faux prétexte. Selon la porte-parole de l’événement, Hélène Sharzad, pas moins de 14 000 prisonniers politiques auraient été tués à l’été 1988.
«Nous craignons le même genre de situation, car en ce moment, beaucoup de gens sont arrêtés et comme ils ne sont pas listés, nous perdons toute trace d’eux», explique Mme Sharzad.
Les grévistes revendiquent par ailleurs que l’on mette fin à la torture et à la peine de mort qui sévit encore en Iran.
Pour ces Montréalais d’origine iranienne, se priver de manger pendant 48 heures est une façon de protester sans violence.