Cette dame fait partie du groupe «sélect» de 8000 clients (sur les 120 000 qui subiront de fortes hausses de leurs mensualités) qui, au surplus, n’a pas reçu de factures depuis le mois d’avril. «On a été induits en erreur et ils n’ont pas corrigé le site internet encore. C’est déjà difficile à comprendre avec eux … Je n’ai pas encore reçu aucune facture. Je ne sais plus où j’en suis, on est toujours à leur merci.»
Sur le site web du Journal de Montréal, les lecteurs ne se sont pas fait prier pour lancer des pierres à la Société d’état, qui ne fera pas de cadeau aux abonnés qui doivent rembourser subitement un gros montant pour l’électricité consommée.
«Le monopole qu'elle détient lui donne t-il le droit de nous facturer pour SES erreurs rétroactivement? Je fais peut-être partie des CONS-ommateurs qui devront payer pour cette gaffe monumentale. Je n'ai pas l'intention ni les moyens de débourser des centaines de dollars pour corriger une erreur informatique», a notamment réagi Jean Bottari.
Hausse de 20% à 60%
Hydro-Québec est encore incapable de chiffrer la dette de ses 120 000 clients, dont l’estimation des versements égaux a été erronée puisqu’elle était basée sur l’année 2006-2007.
«Nous ne le savons pas encore. Il faut attendre la fin du cycle de facturation», a admis le porte-parole de la Société d’État, Guy L’Italien.
Il ne serait pas étonnant qu’Hydro-Québec aille chercher quelques dizaines de millions de dollars, selon des calculs conservateurs.
Chose certaine, la majorité des abonnés touchés subira une hausse estimée entre 20% et 60%. Près de 2% des clients, ceux qui ont effectué de gros ajouts à leur résidence ou qui ont modifié drastiquement leur consommation, devront même assumer des augmentations de plus de 60% de leur compte d’électricité.
Recours collectif?
Le groupe Option Consommateurs n’écarte pas la possibilité d’intenter un recours collectif contre Hydro-Québec. «On va analyser la question à fond mais pour l’instant, on n’a pas pris position à ce sujet», a révélé Olivier Bourgeois.
«Le problème, c’est que c’est de l’énergie que les gens ont quand même consommé donc c’est normal de s’attendre à devoir la payer, par contre, on offre un mode de versements égaux pour prémunir ces gens-là de fortes variations saisonnières puis là, ces gens-là vont voir une forte augmentation. Pour quelqu’un qui avait des paiements de 150$ par mois et qui a été sous-évalué de 25%, sa mensualité va passer de 150$ à 225$. Ta facture, finalement, augmente de 50% pour un an.»