Le paradis de l'école privée

Éducation - Le paradis de l'école privée

Le prestigieux Collège Brébeuf, dans l’arrondissement Côte-des-Neiges.© Journal de Montréal - Archives

Sébastien Ménard
Le Journal de Montréal

Malgré tous les efforts déployés pour garder les jeunes dans les écoles publiques, près d'un élève sur cinq résidant à Montréal et à Laval fréquentera une institution privée lors de la rentrée scolaire, une situation qui en inquiète plusieurs.

Des données obtenues par le Journal révèlent que 20,6 % des élèves lavallois et 19,7 % des écoliers montréalais seront inscrits dans un établissement du réseau privé, en septembre prochain.

Aussi sur Canoe.ca

Ces deux proportions, basées sur les élèves francophones, sont en hausse constante depuis cinq ans, même si la baisse démographique fait chuter le nombre d'écoliers dans presque toutes les régions du Québec.

Ce phénomène correspond à la tendance qui sera observée à l'échelle du Québec lors de la prochaine rentrée scolaire.

En effet, comme le révélait le Journal récemment, 12,6 % des élèves de la province fréquenteront une école privée en 2009-2010, ce qui représente un nouveau sommet.

Préoccupant

Le président de la Fédération des comités de parents du Québec, François Paquette, estime que ces données constituent une mauvaise nouvelle pour le réseau public.

«Ce qui me préoccupe, c'est qu'on a tendance à dénigrer l'école publique», dit-il.

M. Paquette reconnaît que les histoires de violence et de gangs de rue qui sont parfois associées à des établissements publics de la région de Montréal contribuent à cultiver cette perception négative.

«Dès qu'un coup de poing est donné, ça fait les manchettes pendant une semaine, déplore-t-il, mais quand il y a des bons coups, on n'en entend pas parler.»

M. Paquette croit également que la plus grande concentration d'institutions privées dans la région métropolitaine peut expliquer leur popularité. «Il y a beaucoup plus de choix à Montréal qu'ailleurs au Québec», indique-t-il.

La Commission scolaire de Montréal (CSDM) est consciente qu'elle doit concurrencer le réseau privé et dit faire des efforts pour renverser la tendance.

«On s'efforce de donner plus d'information aux parents sur les avantages de l'école publique», explique la porte-parole de la CSDM, Camille Gagnon.

«On croit que plus un parent est informé, plus il est positif par rapport aux avantages de l'école publique», dit Mme Gagnon. Elle fait valoir que le réseau public «accepte tous les élèves et emploie des professeurs très qualifiés».

«À notre avis, on a une offre incroyable», lance Camille Gagnon.

Couper leurs subventions

L'expert en éducation Robert Cadotte, un ex-commissaire de la CSDM, déplore lui aussi cette augmentation de la place du privé dans la région de Montréal.

Il propose de cesser de subventionner ce réseau, qui est financé à 60% par l'État. Cette solution ne présenterait «que des avantages» pour le Québec, selon lui.

La Fédération des établissements d'enseignement privé n'a pas rappelé le Journal.


Vidéos

Photos