De Saguenay à Piedmont, en passant par Laval, Sherbrooke et Montréal, les tragédies familiales ont secoué plusieurs familles et interpellé de nombreux Québécois en début d'année.
L'année a commencé douloureusement avec le plus terrible de ces drames, le 1er janvier, à Saguenay, alors qu'un pacte de suicide entre parents a coûté la vie au père de famille et à leurs trois enfants. Seule la mère, Cathie Gauthier, a survécu.
En plus de secouer le Québec qui n'était pas sorti des festivités du jour de l'an, l'affaire a pavé la voie à trois autres drames familiaux où des enfants ont trouvé la mort :
À Piedmont, le cardiologue Guy Turcotte aurait assassiné ses deux enfants, Anne-Sophie et Olivier; À Laval, l'agente d'immeuble Adèle Sorella aurait donné la mort à ses deux filles, Amanda et Sabrina; à Sherbrooke, la femme d'affaires Sylvie Laneuville a tué son fils Jérom avant de s'enlever la vie ; À Montréal-Nord, un père désespéré aurait assassiné son poupon de 11 mois.
Sympathie
«Ce sont des crimes qui attirent l'intérêt, la sympathie du public», convient l'inspecteur Roberto Bergeron, du Service des crimes contre la personne de la SQ.
Des 40 meurtres commis cette année au Québec, ce sont les drames impliquant des enfants qui touchent l'ensemble des Québécois, nous rappelant à quel point l'être humain est fragile et que tout peut basculer.
«Ces drames nous rejoignent parce qu'ils nous font voir des choses qu'on aimerait mieux ne pas voir : le côté très sombre de l'être humain» dit le psychologue Pierre Faubert.
Il fait d'ailleurs l'analogie avec le ménage du grenier ou du sous-sol: on y trouve toujours des objets qu'on préférerait de pas trouver.
Potentiel meurtrier
«Ça nous fait réaliser qu'on a tous déjà ressenti des moments où on aurait eu envie de poser des gestes irréparables», dit-il.
«On ne cesse de dire que les enfants, c'est ce qu'on a de plus précieux, mais on réalise à la lumière de ces tragédies-là qu'on a peut-être tous un potentiel meurtrier», dit M. Faubert.
Responsable des crimes majeurs à la police de Montréal, le commandant Clément Rose constate que presque la moitié des 14 meurtres survenus à Montréal sont des crimes intrafamiliaux.
Des meurtres d'enfants n'ont rien de réjouissant pour les détectives chargés d'enquêter sur ces crimes.
«Ça laisse un petit malaise aux enquêteurs, dont la plupart ont des enfants, dit M. Bergeron. Ce sont des crimes pour lesquels ils se sentent bien impuissants.»
21 février 2009
Lieu: 240, Chemin Beaulne, Piedmont
Victimes: Anne-Sophie et Olivier Turcotte, âgée de 3 et 5 ans.
Accusé: Guy Turcotte, 36 ans. Deux enfants ont été victimes d'un drame familial, le 21 février, à Piedmont dans les Laurentides. Olivier Turcotte, 5 ans, et sa soeur Anne-Sophie, 3 ans, auraient été poignardés par leur père, le cardiologue Guy Turcotte, de 36 ans qui n'aurait pas accepté une récente séparation. Guy Turcotte a été accusé du double meurtre de ses enfants. L'affaire avait secoué le personnel de l'Hôtel-Dieu de Saint-Jérôme, où les deux parents travaillaient.
31 mars 2009
Lieu: Laval
Victimes: Amanda et Sabrina De Vito, 9 et 8 ans.
Accusée: Adèle Sorella, 42 ans. Deux fillettes de 8 et 9 ans ont été retrouvées sans vie dans une luxueuse résidence de la rue de l'Adjudant, à Laval. Les policiers ont procédé à l'arrestation de la mère, Adèle Sorella, une agente d'immeuble. La femme dépressive était suivie psychologiquement. Le père des enfants, Guiseppe De Vito, est un présumé mafioso recherché par la police et en cavale depuis l'opération Colisée, en novembre 2006.
1er janvier 2009
Lieu: 1412 Portage, Saguenay
Victimes: Joëlle Laliberté, Marc-Ange Laliberté, Louis-Philippe Laliberté et Marc Laliberté.
Accusée: Cathie Gauthier, 34 ans La nouvelle année a commencé sur une note tragique avec ce pacte de suicide qui s'est produit le Jour de l'An dans une résidence familiale de Saguenay. Trois jeunes enfants ont perdu la vie en raison de la détresse de leurs parents. Marc Laliberté et Cathie Gauthier, qui éprouvaient de sérieux problèmes financiers, auraient mis fin aux jours de Joëlle (12 ans), Marc-Ange (7 ans) et Louis-Philippe (4 ans). Seule survivante de cet horrible drame, la mère de 35 ans a été accusée du triple meurtre de ses enfants et d'avoir aidé au suicide de son époux. Cathie Gauthier attend son procès derrière les barreaux.
25 mars 2009
Lieu:St-Élie-d'Orford,2 morts
Victime: Jérom Laneuville
Suspect: Sylvie Laneuville (suicidée) Une mère a emporté dans la mort son fils Jérôm, âgé seulement de 9 ans, le 25 mars, à Saint-Élie-d'Orford, en Estrie. Propriétaire d'un salon de beauté, Sylvie Laneuville, 43 ans, était séparée de son conjoint depuis quelques mois. Des traces de violence auraient été retrouvées sur les dépouilles.