Vue des airs, cette image d’une piste de karting
peinte sur l’asphalte de l’aire de stationnement
des avions de Mirabel est plutôt forte: voici à quoi sert maintenant l’une des plus
belles infrastructures du Québec et du Canada,
un aéroport qui devait devenir le plus
achalandé du pays lorsqu’on l’a construit, au
début des années 1970.
On dit qu’il en coûterait aujourd’hui 3 milliards
pour le rebâtir.
Le tarmac sert aussi à la formation des
conducteurs d’ambulance. Parfois, on y démolit
un vieil avion pour récupérer l’aluminium.
«C’est sûr que c’est triste, mais que voulezvous,
on fait ce qu’on peut pour redonner de la
valeur foncière à ces bâtiments», note le maire
de Mirabel, Hubert Meilleur.
Quant à la tour de contrôle, elle n’abrite
plus aucun contrôleur aérien depuis le 20 novembre
2008.
Une décision controversée
Pratt & Whitney ignorait qu’on fermerait
la tour lorsqu’elle a annoncé, en octobre dernier,
qu’elle allait y établir un centre d’assemblage
et d’essai de ses moteurs d’avion.
Bombardier l’ignorait aussi au moment
d’annoncer le lancement de sa série C et que
l’assemblage final se ferait à Mirabel.
Hélibellule n’en savait rien non plus au moment
d’investir 5 millions pour ouvrir à Mirabel
la plus belle aérogare d’avions, de jets et
d’hélicoptères du Québec.
«C’est dur de refaire l’histoire, mais disons
que la tour de contrôle a été pour nous un élément
majeur pour prendre notre décision
d’investissement», note la copropriétaire,
Valérie Delorme.
À la queue leu leu
Certains matins, une douzaine d’avions
font la queue pour décoller alors qu’il n’y a
personne dans la tour pour leur donner des
instructions visuelles. Tout se passe à partir de la tour de l’aéroport Pierre-Eliott-Trudeau. «Va-t-il falloir un accident pour faire bouger
les choses?», s’interroge un pilote d’hélicoptère
qui a requis l’anonymat.
«Nous sommes toujours en discussion avec
Nav Canada, mais nous n’avons pas eu de succès
jusqu’à maintenant», souligne le maire
Hubert Meilleur.
«La sécurité n’a jamais été compromise
par ce changement de service», soutient pour
sa part Ron Singer, porte-parole de Nav Canada.