Pour les exploitants autour de l'aéroport, la présence de contrôleurs est une question de sécurité, mais aussi d'efficacité.
Par exemple, en l'absence de contrôleurs, l'espacement entre les aéronefs est supérieur pour les vols aux instruments (mauvaise météo).
Les délais d'attente au sol et dans les airs sont donc augmentés, estime Michel Legault. Cela se traduit par un temps d'utilisation plus long: usure des appareils, consommation d'essence accrue, hausse du temps de vol des équipages.
«Il y en a qui disent qu'on n'a qu'à se payer des contrôleurs si on en a besoin, sauf qu'il me semble que nous payons déjà assez de taxes et beaucoup de redevances à Nav Canada», soutient M. Legault.
La médecine de Nav Canada
Les industries aéronautiques de Mirabel goûtent présentement à la médecine de Nav Canada, l'organisme qui gère maintenant tout le trafic aérien pour le compte du ministère fédéral du Transport.
Bien qu'il soit en situation de monopole et qu'il ait le droit de collecter des redevances à tous les propriétaires d'aéronefs, comme une taxe, Nav Canada a bien peu de comptes à rendre au public canadien. L'organisme n'est pas assujetti à la loi sur l'accès à l'information et on ne sait rien d'autre sur lui que ce qu'on veut bien nous dire.
«Nous sommes obligés de faire affaires avec Nav Canada, c'est un monopole. Ce n'est pas comme choisir entre du Pepsi ou du Coca Cola, on ne peut pas choisir», illustre Michel Legault.
Problème d'imputabilité
Ce manque d'imputabilité pour un service aussi essentiel pour un pays que le trafic aérien n'est pas chose banale, selon Michel Legault.
«C'est une fonction du gouvernement qui a complètement été déléguée. Vous ne verrez jamais ça aux États- Unis ou en Europe, le trafic aérien c'est beaucoup trop important pour ces pays.»
À Ottawa, libéraux et bloquistes ont jusqu'ici vainement fait pression sur Transports Canada pour faire réévaluer la décision de Nav Canada.