Les clowns ne la trouvent pas drôle

Campagne publicitaire de Couche-Tard - Les clowns ne la trouvent pas drôle

Le clown Fredolini trouve de mauvais goût la publicité de Couche-Tard.© Le Journal de Montréal

Mathieu Turbide
Le Journal de Montréal

Dernière mise à jour: 04-07-2009 | 07h56

La campagne de publicité de Couche-Tard, mettant en vedette des clowns qui se font enlever et hacher menu pour fabriquer de la Sloche ne fait pas rire les clowns, qui la trouvent de mauvais goût.

Frederico Boris Iuliani, qui incarne depuis près de 20 ans le clown Fredolini, juge que les concepteurs de cette campagne diffusée à la télévision et sur le Web est une attaque «gratuite et de mauvais goût» contre les artistes qui pratiquent le métier de clown.

Aussi sur Canoe.ca

Dans les publicités télévisées créées par l'agence Bos, on voit des clowns se faire pulvériser dans un hachoir ou découper par un boucher.

Sur le Web,la même campagne montre un clown se faisant attirer dans un Couche-Tard pour être enlevé.

«Imaginez un instant qu'au lieu d'un clown, ce soit un policier qui soit mis en scène et passé au grinder. La fraternité des policiers ferait tout pour faire cesser cette campagne et elle aurait raison», soutient M. Iuliani, dont le père, Giovanni, a aussi été clown pendant plus de 45 ans, incarnant le personnage de Patapouf.

La campagne a été lancée pour le 10e anniversaire de la marque Sloche, la barbotine maison offerte dans les dépanneurs Couche-Tard.

Comme c'est souvent le cas pour les campagnes controversées de cette chaîne, les réactions ont fusé de toutes parts, certains jugeant le concept génial, d'autres le trouvant trop violent.

«Le clown, il rit!»

La directrice du marketing chez Couche-Tard, Jacynthe Harnois, avait alors souligné que ces publicités visaient le public adolescent de 13 à 18 ans et qu'elle ne se souciait pas que ça choque les adultes. «Pour nous, il était essentiel que le clown ait du plaisir à se faire trancher. Pour lui, c'est un travail. Le clown, il rit, il n'a pas mal. Il est là volontairement», avait expliqué Mme Harnois à Jean-Luc Mongrain.

M. Iuliani, qui était à l'extérieur du pays lorsque la controverse a éclaté, n'apprécie pas non plus cette explication de Couche-Tard.

«C'est gratuit. Ces gens-là ont une créativité extraordinaire, c'est une compagnie dynamique. Cependant, leur choix de rédaction publicitaire dans ce cas-là est gratuit et de mauvais goût», déplore-t-il.

À son avis, l'existence de ce genre de campagne s'explique par le fait que le métier de clown est méconnu au Québec. «Il n'y a pas que le clown qui fait des chiens en baudruche dans les centres commerciaux. En Europe, par exemple, l'art clownesque est respecté. Les clowns Grock ou Fratellini sont des monuments là-bas», dit M. Iuliani, en soulignant qu'ici les clowns Patof ou Sol et Gobelet ont aussi eu des carrières respectées.


Vidéos

Photos