Les corps policiers se plaisent habituellement à affirmer que le fait de remettre des billets d'infraction est un geste de dissuasion visant à améliorer la sécurité routière, notamment les accidents avec blessés.
Les policiers affirment choisir les endroits «accidentogènes» où effectuer leur surveillance, soit là où il y a le plus d'accidents, afin d'en réduire le nombre.
Ainsi, la preuve présentée dans cette cause n'a pas su convaincre le tribunal d'une relation entre l'émission de billets et la baisse des accidents entraînant des blessés.
Aucune corrélation
«Le Conseil (des services essentiels) conclut donc que la preuve statistique qui lui a été présentée, ne lui permet pas d'établir de façon convaincante de l'existence d'une corrélation entre la baisse de l'émission des constats d'infractions et la hausse des accidents avec blessures», lit-on dans le jugement.
«Ça fait trois ans que je le dis: il n'y a pas de corrélation entre l'émission de billets et la baisse des accidents. Là, c'est un tribunal qui l'écrit», indique Alfredo Munoz, de l'organisme SOS Ticket.
En fait, le bilan de Québec s'est même amélioré, mais a moins performé qu'à l'extérieur de la ville.
Le nombre d'accidents sur le territoire de Québec a baissé de 4,3 % durant cette période.
«On utilise des légendes urbaines pour justifier l'émission de contraventions, alors que l'éducation et la formation seraient plus efficaces, mais sûrement moins payantes pour les villes», poursuit M. Munoz.
Bien qu'on ne peut prouver que moins de tickets égale plus d'accidents avec blessés, le tribunal indique que «ce moyen de pression était susceptible de porter préjudice au service».