Pas de Bixi chez moi

Montréal - Pas de Bixi chez moi

Adrien Dupuis, propriétaire d’un immeuble dans Rosemont, et un de ses locataires, Serge Poliquin, handicapé, n’apprécient guère la station Bixi près de chez eux. © Mathieu Turbide

Mathieu Turbide
Le Journal de Montréal

Dernière mise à jour: 10-06-2009 | 17h08

L'installation de bornes Bixi un peu partout, au centre-ville et dans l'est de Montréal, ne fait pas plaisir à tout le monde. Un homme du quartier Rosemont, qui a maintenant une station Bixi devant sa fenêtre de salon, n'est pas content et réclame que la station soit déplacée.

«Depuis qu'ils ont installé la station Bixi, il y a des attroupements d'usagers qui viennent rapporter les bicyclettes, parfois en pleine nuit. Ils jasent, ils font du bruit. Tout ça juste en face de mes fenêtres», déplore Adrien Dupuis, propriétaire d'un immeuble situé à l'angle des rues de Lorimier et Holt.

M. Dupuis aime l'idée des Bixi, mais il juge que Stationnement Montréal aurait dû consulter les gens qui se retrouvent avec des stations juste en face de chez eux. «Ils ne nous ont pas consultés. S'ils l'avaient fait, je leur aurais demandé de mettre leur station juste un peu plus loin devant le parc», soutient-il.

Étant facteur et habitué à évaluer les risques de se déplacer à pied dans les rues, M. Dupuis soutient de plus que la station n'est pas sécuritaire. «Ici, c'est une rue très passante. Les autos arrivent rapidement sur Holt pour aller rejoindre de Lorimier. Mais la rue n'est pas large. Regardez : quand les cyclistes reculent leur Bixi, ils sont en plein dans le sillon des autos. Un jour, il y en a un qui va se faire frapper», prétend-il.

Le résident de Rosemont soutient avoir porté plainte auprès de Stationnement Montréal, de même qu'auprès de l'arrondissement de Rosemont.

«Nous n'étions pas au courant du dossier de M. Dupuis, a expliqué le porte-parole de Stationnement Montréal, Michel Philibert. Mais je peux vous assurer qu'on y enverra une équipe technique pour évaluer la situation. Et si, effectivement, il y a un problème de sécurité, on pourrait envisager de déplacer la station. On ne veut pas jouer avec la sécurité des usagers de Bixi.»

Il donne en exemple une station Bixi qui avait remplacé un espace de stationnement pour handicapés sur la rue Saint-Hubert. «Nous l'avons enlevée le lendemain. C'était une erreur. On ne veut pas nuire aux personnes à mobilité réduite», explique-t-il.

Plusieurs plaintes

Stationnement Montréal a reçu plusieurs plaintes de citoyens et de commerçants mécontents de voir des stations Bixi devant chez eux.

«Quand on introduit un nouveau service, il y a toujours des gens qui sont moins contents. Il est difficile de plaire à tout le monde. C'est la même chose lorsqu'on installe des pistes cyclables, des arrêts d'autobus. Mais avec le temps, les gens vont voir le côté positif», analyse M. Philibert.

Mais pas question de mettre les intérêts de particuliers devant l'intérêt commun. «Quand une ville veut changer, il faut que tout le monde contribue. D'ailleurs, nous avons beaucoup plus de plaintes de gens qui veulent avoir une station Bixi près de chez eux que l'inverse», souligne-t-il.

Il y a environ 300 stations Bixi et près de 3000 vélos installés à Montréal.

Un projet-pilote de Bixi a été inauguré lundi, à Ottawa et à Gatineau, en Outaouais.


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