Les junkies se tournent vers l'UQAM

EXCLUSIF - Drogue - Les junkies se tournent vers l'UQAM

17 boîtes de collecte de seringues souillées comme celle-ci ont été installées dans des toilettes et àl’extérieur de l’UQAM. © Sébastien Ménard

Sébastien Ménard
Le Journal de Montréal

Dernière mise à jour: 02-06-2009 | 14h34

L'UQAM a beau déployer d'importantes ressources pour repousser les junkies qui sont tentés de s'administrer de la drogue dans ses toilettes, les employés de l'institution continuent de recueillir quotidiennement des seringues souillées et expulsent au moins 30 indésirables par jour.

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«Le problème reste constant, parce que la population [de toxicomanes autour de l'UQAM] reste constante», a expliqué le directeur de la sécurité et de la prévention de l'institution, Alain Gingras, au cours d'une entre-vue accordée au Journal.

Recrudescence

Ce n'est pas d'hier que des toxicomanes viennent s'injecter des drogues dures dans les toilettes ou autour des bâtiments de l'UQAM. Mais le phénomène, qui concerne surtout le pavillon Judith-Jasmin, a connu une recrudescence en novembre 2007 et ne semble pas vouloir s'atténuer depuis.

L'an dernier, un inspecteur de la CSST a été appelé à l'UQAM

après que des employés d'entretien eurent refusé de débloquer des cuvettes qui étaient bouchées par des seringues souillées.

L'institution a pris les grands moyens, depuis, pour protéger son personnel, en faisant vacciner «à titre préventif» une centaine d'employés contre les hépatites A et B. L'UQAM a aussi mis sur pied un «plan d'action» pour éviter que son personnel et ses étudiants ne «subissent les contrecoups» de cette situation, explique Alain Gingras.

Des agents de sécurité ont ainsi été postés aux entrées de l'UQAM pour repérer les toxicomanes qui pénètrent dans les pavillons, d'autres font quotidiennement la tournée des «hot spots» et 17 boîtes de cueillette de seringues ont été installées dans les toilettes et à l'extérieur de l'institution.

«Pas un bunker»

Malgré tout, les toxicomanes continuent de se tourner vers l'UQAM pour s'administrer de la drogue, indique Alain Gingras, qui avoue que des employés recueillent quotidiennement des seringues souillées «à la traîne» et qu'une trentaine d'indésirables en sont expulsés chaque jour.

«On ne veut pas devenir un bunker non plus, explique le directeur des communications de l'UQAM, Daniel Hébert. On est un lieu de colloques et de rencontres», plaide-t-il.

Alain Gingras fait valoir que l'emplacement géographique de l'institution, la présence du métro et du terminus, où débarquent chaque été des squeegees venus d'ailleurs, n'aide pas l'UQAM.

«On ne peut pas régler le problème à nous seuls, dit-il. On travaille étroitement avec la police de Montréal et les organismes du quartier», assure-t-il.


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