Une entente hors cour

Pas de poursuite de 16,6 M$ - Une entente hors cour

La ministre de la justice, Kathleen Well.© Journal de Montréal / Archives

Dany Doucet

Le ministère de la Justice a reculé hier soir et a décidé de retirer la poursuite de 16,6 M$ contre quatre parents et deux enfants devenus majeurs depuis l'incendie de la polyvalente Pierre-de-Lestage de Berthierville.

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«Je peux vous confirmer qu'il y a eu une entente hors cour avec les famille», a indiqué en début de soirée Philippe Archambault, attachée de presse du ministre de la Justice du Québec, Kathleen Weil.

«Il faut présenter le règlement au juge et c'est à ce moment que les détails deviendront publics», a-t-il dit.

Le procès devait commencer lundi et une salle avait été réservée toute la semaine au palais de justice de Joliette. On connaîtra donc, vraisemblablement, ces détails en début de semaine.

Entre-temps, les parents ont accueilli la nouvelle avec un grand soulagement, selon Me Jean Yanakis. «Ma cliente est très soulagée, a-t-il dit. Elle vivait depuis des années avec ce fardeau sur ses épaules.»

En effet, les parents vivaient depuis 2003 avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête. Un seul d'entre eux détenait une assurance responsabilité de 3 M$. Les autres étaient acculés à la faillite dans l'éventualité d'une défaite.

En 2001, les deux ados, alors âgés de 16 ans, avaient rapidement reconnu leur crime et purgé dans la même année leur sentence juvénile. Deux ans plus tard, le ministère de la Justice inscrivait sa poursuite.

La ministre étonnée

L'affaire sans précédent révélée dans Le Journal de Montréal d'hier allait se dérouler à l'abri des regards et sans que la ministre de la Justice en ait été informée.

C'est du moins ce que Mme Weil a admis hier matin, lors d'un point de presse impromptu à sa sortie de l'Assemblée nationale.

«Le montant est élevé. C'est ce qui m'a surprise et un peu ébranlée en voyant le titre [du Journal de Montréal]. J'avais vu que les jeunes avaient déjà payé pour leur crime. Mais dans ces cas-là, il faut regarder le dossier.»

La veille, Le Journal de Montréal avait tenté en vain d'obtenir des commentaires du ministère de la Justice.

Un règlement hors cour

La ministre a répété trois fois plutôt qu'une qu'elle avait été «surprise» par le montant «élevé».

Il est plutôt rare qu'un ministre de la Justice commente des causes qui se trouvent devant les tribunaux et ça n'a d'ailleurs pas été long par la suite pour que les avocats du ministère de la Justice contactent les parties pour conclure un règlement à l'amiable.

À 17 h, une entente avait été conclue.

Des parents

Comme Le Journal le rapportait hier, les jeunes avaient intentionnellement allumé un feu qui s'était vite répandu à l'édifice, privant un millier d'élèves de cours durant plusieurs semaines, en plus de forcer le déménagement des classes dans un village éloigné. Des élèves avaient décroché et la communauté avait été fortement ébranlée.

Si le procès s'était tenu comme prévu, les parents auraient eu la responsabilité de prouver qu'ils avaient été de bons parents en offrant une bonne éducation et une surveillance adéquate de leurs ados. Ils auraient été questionnés en long et en large sur leurs habitudes de vie à cette époque.


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