Le commissaire européen de la SODEC soutient qu'il ne faut pas s'étonner que le président de l'organisme se paye une suite à 1300 $ la nuit, tel que le révèle le vérificateur général du Québec.
«Cela fait 30 ans que je viens ici, dit Christian Verbert, qui est chargé de réserver sept chambres pour les Québécois chaque année.
«Il n'y a tout simplement pas moyen pour la délégation québécoise d'obtenir un meilleur rapport qualité-distance-prix pendant le Festival de Cannes. Le prix des chambres est exorbitant. J'appelle ça la mafia cannoise.» Cette année, ils logeaient au 1835, situé à un jet de pier-re du port de Cannes.
700 euros, y a rien là
«Chaque année, on doit réserver les chambres au mois de décembre et on doit payer 12 jours, qu'on y soit ou pas, sinon on les perd. J'ai fait le tour de tous les hôtels et on ne peut pas faire autrement. À Cannes, on ne peut pas négocier.»
Pas moyen donc, à moins de s'exiler à une vingtaine de kilomètres de la Croisette ou de se payer un garde-robe, d'obtenir des chambres à des prix moins pharaoniques.
Selon M. Verbert, qui dit comprendre que les Québécois soient choqués d'apprendre de telles choses, payer une chambre 700 euros (1100 $ CAN) est dans l'ordre des choses ici.
«Personne ne s'étonne. La suite présidentielle (celle à 1300 $), c'est là qu'on tient les réunions. C'est en même temps un bureau», dit-il, pour en justifier l'utilité.
Il croit en fournir assez
«L'espace où nous avons installé la tente de la SODEC (le quartier général de la délégation québécoise sur le site du festival) nous coûte 46 000 euros au marché du film.
«J'ajoute à cela 25 000 euros pour la décoration (chaises, fauteuils, affiches sur les murs). Donc, en partant, pour être présent et permettre à l'industrie québécoise d'être correctement représentée, j'ai l'équivalent de 125 000 $ de dépenses. C'est Cannes!»
M. Verbert lui-même a subi les foudres du vérificateur pour avoir réclamé des frais de 80 000 $ de «prestation de restauration» sans avoir apparemment fourni de pièces justificatives. Le commissaire de la SODEC a plaidé non coupable pour ces frais, qui découleraient de l'organisation de soirées et de cocktails lors de l'événement Cinéma du Québec à Paris, en 2007.
Tout en se disant prêt à fournir des rapports plus détaillés, il croit qu'il a déjà donné suffisamment d'informations.
«Quand je reçois une facture, expliquet- il, je la signe. Je l'envoie au chef de l'ad-ministration de la délégation, qui est un fonctionnaire du ministère des Relations internationales.
«Il vérifie de nouveau si j'ai mis tous les détails. Ensuite, c'est signé par le délégué général du Québec à Paris. Puis, ça retourne à la comptabilité, où une dame fait le chèque. Je passe donc par trois filtres.»