Jeudi dernier, en conférence de presse, le vérificateur général avait donné comme exemple la chambre luxueuse à 1330 $ que M. Chaput avait réservée à Cannes.
«Il n'y a pas d'affaires «somptueuses». [...] J'ai la même maudite chambre que l'autre avant moi», a-t-il répliqué, en soulignant que ce n'était pas lui qui réservait le bloc de chambres que la SODEC loue chaque année pour le Festival de Cannes.
«Je n'ai jamais demandé une vue sur la mer. Toutes les chambres ont vue sur la mer!», prétend-il.
Si sa chambre est plus grande et plus chère que celles de ses employés, c'est simplement parce qu'il s'en sert de bureau, a-t-il précisé. «Ça sert de bureau parce que je reçois des gens, imaginez-vous. J'ai reçu Xavier Dolan, par exemple», a indiqué le PDG de la SODEC.
«C'est comique...»
Visiblement irrité par les conclusions du vérificateur, M. Chaput a même contesté ces conclusions selon lesquelles les dépenses de déplacements et de représentation de la SODEC aient augmenté de 84 % depuis qu'il a été nommé en 2004.
«Ben voyons donc! Ça n'a pas augmenté de 80 %. C'est comique, ça!», a-t-il commenté, incrédule.
Par contre, il s'est abstenu de tout commentaire au sujet des dépenses de déplacements de 200 000 $ qui auraient été comptabilisées comme des subventions, selon le rapport de Renaud Lachance.
«J'ai formulé mes commentaires par écrit et ce sera au comité de vérification et au conseil d'administration de la SODEC de regarder ça. Je vais m'en tenir à ça», a-t-il déclaré.
Au sujet des dépenses, notamment de repas, qui ont été remboursées sans pièces justificatives, M. Chaput a tenté de les expliquer par les façons de faire ayant cours en Europe. «Vous savez, en Europe, ça ne fonctionne pas comme ici», a-t-il dit, en soutenant que les restaurants avec qui la SODEC faisait affaire soumettaient des factures non détaillées «à la fin du mois».
«Je n'ai fraudé personne», a-t-il lancé devant l'insistance des journalistes qui l'attendaient à son arrivée à l'aéroport.
M. Chaput a soutenu qu'on lui avait demandé de rester après la fin de son mandat, qui se termine en octobre prochain.
Hier, Jean Charest a assuré que son mandat ne serait pas renouvelé et qu'il serait difficile pour M. Chaput de terminer son mandat puisque «la confiance n'y est plus».
C'est le président du conseil d'administration de la SODEC, Jean Pronovost, qui a demandé au vérificateur d'enquêter sur les dépenses des employés de la SODEC en Europe. M. Chaput a dit hier que ce geste de son président du c. a. l'avait «surpris».
Qu'est-ce que la SODEC?
La Société de développement des entreprises culturelles du Québec est un organisme du gouvernement du Québec, qui relève du ministère de la Culture et des Communications.
Son mandat est de promouvoir et de soutenir l'implantation et le développement des entreprises culturelles québécoises. Elle offre de l'aide financière visant à accroître la qualité des produits et des services de ces entreprises de même que leur compétitivité au Québec, dans le reste du Canada et à l'étranger.
La SODEC a un bureau à Montréal, un à Québec et un commissariat européen situé à Paris.
Qui est Jean-Guy Chaput?
Nommé à la tête de la SODEC en 2004 par la ministre de la Culture de l'époque, Line Beauchamp, Jean-Guy Chaput est un proche du mari de Mme Beauchamp et organisateur libéral, Pierre Bibeau.
Ex-dirigeant de la Caisse populaire d'Hochelaga-Maisonneuve, il a déjà travaillé à la Société de promotion et de concertation de l'Est de l'île de Montréal, au Conseil canadien de la compétitivité, à Coup de coeur francophone et aux Productions Phaneuf.