Pour une charte de la laïcité

Mathieu Turbide
Le Journal de Montréal

Le Québec devrait se doter d'une Charte de la laïcité afin d'éviter que les éternels débats sur le port du voile islamique ou d'autres signes religieux ne divisent davantage la population, estime un nouveau collectif, qui expliquera sa position en conférence de presse ce matin.

Aussi sur Canoe.ca

Interpellé par le débat suscité par la prise de position de la Fédération des femmes du Québec contre l'interdiction du port de signes religieux dans la fonction publique, ce nouveau collectif réunit des intellectuelles québécoises, dont l'auteure Djemila Benhabib et la présidente du Mouvement laïque québécois (MLQ), Marie-Michelle Poisson.

Ces femmes jugent que le débat actuel est faussé parce qu'il lie la question du port des symboles religieux à l'intégration des immigrants. «À entendre le débat actuellement, c'est comme si tous les immigrants étaient des religieux extrémistes. Or, ce n'est pas le cas, les études le démontrent.»

Pas plus religieux

«Les immigrants ne sont pas plus religieux que la moyenne des Québécois, disons, de souche», prétend Mme Poisson, du MLQ.

Ces femmes se rangent derrière la position du Conseil du statut de la femme, qui suggère au gouvernement Charest d'interdire le port de tout signe religieux ostentatoire dans la fonction publique, ce que stipulerait une éventuelle «Charte de la laïcité».

Selon Mme Poisson, les libéraux de Jean Charest ont peur de prendre position pour la laïcité dans les institutions publiques, car ils craignent de se mettre à dos une partie de la population qui veut conserver les signes religieux catholiques.

La conférence de presse du collectif est prévue à 10h, ce matin.


Vidéos

Photos