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Dépression

Les nouvelles mères ne sont pas plus à risque

Éric Yvan Lemay
Le Journal de Montréal
17/05/2009 05h44 

Les femmes qui viennent d'accoucher n'ont pas plus de risque de faire une dépression que les autres femmes. Au contraire, ce sont plutôt les mères d'enfants âgés de trois à cinq ans qui courent plus de risque.

Selon la professeure Catherine Des Rivières- Pigeon de l'UQAM, l'utilisation abusive du mot dépression post-partum donne la fausse impression que la maternité est un facteur de risque.

«On ne parle pas de dépression post divorce ou post retraite et pourtant, ilyen a autant sinon plus dans ces situations», indique celle qui possède un doctorat en santé publique et qui enseigne au département de sociologie.

En 1994, on a établi que la dépression post-partum survenait seulement un mois après l'accouchement. Une affirmation très contestée selon la chercheuse.

Quand l'enfant a cinq ans

Selon les données récentes calculées par une de ses étudiantes, on remarque que la détresse psychologique touche 9,7% des femmes cinq mois après l'accouchement. Ce pourcentage augmente à 12,2% lorsque l'enfant a cinq ans.

D'autres études démontrent même qu'il y a plus de risque de souffrir de dépression pendant la grossesse qu'après l'accouchement. «Une mère d'enfant de trois à cinq ans est plus à risque. La conciliation travail-famille et la relation avec le conjoint sont souvent plus complexes à cet âge-là.»

Loin de nier que certaines femmes peuvent souffrir de dépression après l'accouchement, la chercheuse se questionne sur la surabondance de l'utilisation du terme post-partum.

L'effet des vedettes

L'utilisation de ce terme permettrait de déculpabiliser les mères. «Même si elles ont des difficultés socio-économiques ou conjugales, elles veulent que les hormones soient en cause.»

Or, plusieurs études démontrent qu'il n'y a pas de lien biologique. Ce serait plutôt une dépression classique liée au contexte social, économique et conjugal.

Le fait que certaines vedettes comme Brooke Shields parlent de leur dépression post-partum a contribué à l'impression qu'il s'agit d'une dépression spécifique aux femmes qui accouchent.








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