Les femmes qui viennent d'accoucher n'ont pas plus de risque de faire une dépression que les autres femmes. Au contraire, ce sont plutôt les mères d'enfants âgés de trois à cinq ans qui courent plus de risque.
Selon la professeure Catherine Des Rivières- Pigeon de l'UQAM, l'utilisation abusive du mot dépression post-partum donne la fausse impression que la maternité est un facteur de risque.
«On ne parle pas de dépression post divorce ou post retraite et pourtant, ilyen a autant sinon plus dans ces situations», indique celle qui possède un doctorat en santé publique et qui enseigne au département de sociologie.
En 1994, on a établi que la dépression post-partum survenait seulement un mois après l'accouchement. Une affirmation très contestée selon la chercheuse.
Quand l'enfant a cinq ans
Selon les données récentes calculées par une de ses étudiantes, on remarque que la détresse psychologique touche 9,7% des femmes cinq mois après l'accouchement. Ce pourcentage augmente à 12,2% lorsque l'enfant a cinq ans.
D'autres études démontrent même qu'il y a plus de risque de souffrir de dépression pendant la grossesse qu'après l'accouchement. «Une mère d'enfant de trois à cinq ans est plus à risque. La conciliation travail-famille et la relation avec le conjoint sont souvent plus complexes à cet âge-là.»
Loin de nier que certaines femmes peuvent souffrir de dépression après l'accouchement, la chercheuse se questionne sur la surabondance de l'utilisation du terme post-partum.
L'effet des vedettes
L'utilisation de ce terme permettrait de déculpabiliser les mères. «Même si elles ont des difficultés socio-économiques ou conjugales, elles veulent que les hormones soient en cause.»
Or, plusieurs études démontrent qu'il n'y a pas de lien biologique. Ce serait plutôt une dépression classique liée au contexte social, économique et conjugal.
Le fait que certaines vedettes comme Brooke Shields parlent de leur dépression post-partum a contribué à l'impression qu'il s'agit d'une dépression spécifique aux femmes qui accouchent.