Le nombre d'enfants en garde partagée a explosé au pays depuis dix ans. Plus d'un enfant sur quatre vit maintenant cette situation.
Entre 1994 et 2007, le pourcentage de garde partagée après la séparation des parents est passé de 12,9 % à 27,9 %, selon une étude de Statistique Canada. «C'est une hausse importante», dit le chercheur Julien Bérard-Chagnon.
Pendant ce temps, le nombre d'enfants dont la mère avait la garde exclusive a chuté de près de 15 %, selon les résultats présentés au congrès de l'ACFAS-Association francophone pour le savoir.
Les plus petits avec maman
Malgré tout, la mère a la responsabilité des enfants de moins de trois ans pour la très grande majorité. «À cet âge-là, la présence maternelle est très importante. On peut aussi dire que les pères sont souvent plus à l'aise avec des enfants plus âgés», explique le chercheur Julien Bérard-Chagnon.
Ce n'est donc pas surprenant que le nombre d'enfants en garde partagée augmente avec l'âge. Ainsi, à neuf ans, près d'un enfant sur trois vit sous deux toits. «Plus un enfant vieillit, plus on opte pour la garde partagée.»
Tribunal favorable aux femmes
La situation est toutefois bien différente quand la garde se règle devant le tribunal. À ce moment, c'est la mère qui obtient beaucoup plus souvent gain de cause. Ainsi, seulement 19,5%des juges optent pour la garde partagée.
«Si les parents ont besoin de se rendre en cour, c'est que la cohésion parentale est difficile. Une garde partagée aurait souvent peu de chance de fonctionner», avance le chercheur, qui a utilisé l'Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes pour obtenir ces résultats.
Contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, ce n'est que 34,5 % des parents qui n'arrivent pas à s'entendre hors du tribunal. Ce taux est beaucoup plus bas que ce qu'on voit dans d'autres pays, notamment aux États-Unis.
En 2006-2007, 15,4 % de tous les enfants du pays vivaient en garde partagée, contre 13,3 % en 1994-1995.