Selon ce qu'a appris Le Journal, des hôpitaux ont demandé à leurs employés de demeurer disponibles 24 heures sur 24 au cours des prochaines semaines afin de pouvoir rapidement aménager des salles de quarantaine pour accueillir d'éventuels patients atteints de la grippe.
Le Centre universitaire de santé McGill (CUSM), qui regroupe les hôpitaux Royal-Victoria, General et Children's, aurait notamment besoin de réaménager des salles pour se conformer aux exigences de son plan de pandémie.
«Advenant que le nombre de cas à traiter deviendrait plus important, il faut que les hôpitaux prévoient avoir suffisamment de place pour traiter les gens et les mettre en observation. Les hôpitaux devront donc, dans certains cas, utiliser des locaux qui ne sont pas prévus pour cela et qu'il faudra transformer pour cet usage. Cela signifie qu'il faudra faire des divisions, par exemple», a indiqué Chantal Huot, porte- parole de l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal.
Selon Mme Huot, tous les hôpitaux du Québec ont dû faire cet exercice. «Il faut qu'ils trouvent des espaces. Certains de ces locaux sont considérés comme des sites non traditionnels de soins. Ça peut être dans les locaux de l'hôpital ou même à l'extérieur, comme dans des espaces à bureaux ou dans des hôtels», a-t-elle expliqué.
Actuellement, au Québec, une seule personne a été mise en quarantaine. Il s'agissait d'une femme qui revenait d'un voyage au Mexique et qui présentait les symptômes de la grippe A (H1N1). Sa quarantaine a été de courte durée puisque des tests ont montré qu'elle n'avait pas contracté le virus.
Les médecins inquiets
Par ailleurs, si le nombre de cas atteint les proportions d'une pandémie, les médecins canadiens préviennent qu'ils ne seront peut-être pas capables de faire face à la situation seuls.
À Toronto, le Dr Val Rachlis, qui fait partie du comité de planification en cas de pandémie, soutient que la possibilité que les médecins de famille se retrouvent débordés par une pandémie fait l'objet de discussions depuis cinq ans. Cela a toujours fait partie des scénarios envisagés, assure-t-il. Dans de telles circonstances, le plan en cas de pandémie prévoit l'ouverture de cliniques spéciales, où seraient centralisés les cas de grippe.