La victoire d'une mère

Autisme - La victoire d'une mère

Michael Palardy, Denise Dubé en compagnie de Carlos, au centre.© Journal de Montréal/Sébastien Ménard

Sébastien Ménard
Le Journal de Montréal

Une mère qui réclame depuis des années que son fils autiste bénéficie d'un service de garde adéquat après l'école vient de voir son voeu exaucé. Sa commission scolaire s'est finalement résolue à lui payer un accompagnateur à domicile, une première dans sa région.

«Ça faisait longtemps que je me battais, confie Denise Dubé, en entrevue au Journal. Les services de garde dans les écoles ne sont pas appropriés pour les enfants autistes», tranche-t-elle.

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«Pourquoi est-ce que ç'a pris tant de temps avant que j'aie cette ressource-là?», demande la mère monoparentale, qui a deux autres garçons âgés de 5 et 7 ans.

«Ils auraient pu trouver une solution avant», soupire la femme, qui s'est remise l'an dernier d'un cancer du sein.

Formation déficiente

Son fils aîné, Carlos Dubé-Sébastian, a reçu un diagnostic d'autisme à l'âge de 2 ans. Le garçon, qui en a aujourd'hui 11, communique essentiellement avec des pictogrammes ou avec des gestes.

Carlos habite à Sainte-Julie, sur la Rive-Sud, mais fréquente une école spécialisée située à Saint-Hyacinthe.

Jusqu'en février dernier, un autobus scolaire le ramenait chaque après-midi à l'école primaire Aux-Quatre-Vents, près de chez lui, où des employés du service de garde le prenaient en charge.

Mais là comme dans tous les autres services de garde scolaires qu'a fréquentés Carlos, rien n'était adéquat. «Les éducatrices ne sont pas formées pour bien s'occuper de lui», déplore Denise Dubé.

«La première éducatrice a démissionné au bout de deux jours parce que Carlos s'était enfui, raconte la mère. Il déjoue facilement les dispositifs de sécurité», dit-elle.

Les incidents se sont multipliés avant que le directeur adjoint des ressources éducatives de la Commission scolaire des Patriotes, Jean-Louis Tousignant, suggère à Denise Dubé de se trouver un accompagnateur qui offrirait le service à domicile.

La mère a accepté et proposé l'emploi à son voisin, Michaël Palardy, un adolescent de 18 ans qu'elle a elle-même formé.

Carlos est «très attaché» à son nouvel accompagnateur et le considère «comme son grand frère», indique Mme Dubé. Le jeune homme souhaite devenir cuisinier, mais il avoue que son expérience auprès d'un enfant autiste pourrait le faire changer d'idée. «C'est très valorisant», dit Michaël Palardy.

«Il arrive que ce soit plus long...»

La Commission scolaire des Patriotes reconnaît qu'il a fallu beaucoup de temps avant que Denise Dubé bénéficie d'un tel service. «Des fois, il arrive que ce soit plus long avant qu'on trouve la bonne solution», plaide Jean-Louis Tousignant.

La situation actuelle, du jamais vu pour cette commission scolaire, «est une solution qui améliore le sort de Carlos», croit M. Tousignant. «Il se retrouve dans ses affaires, dans ses jeux, dit-il. C'est bien différent.»


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