En plus d'être payés comme des hauts fonctionnaires, les dirigeants de la Fédération des commissions scolaires du Québec ont droit chaque année à un boni au rendement, payé par les contribuables.
Le porte-parole de l'organisme, Denis Pouliot, a confirmé au Journal que les principaux dirigeants de la Fédération sont éligibles à une prime pouvant atteindre 6% de leur salaire annuel.
Ce boni est versé en fonction de l'évaluation du rendement faite par le bureau de direction, indique M. Pouliot.
Dans le réseau scolaire, seuls les directeurs généraux des commissions scolaires et leurs adjoints ont droit à de telles primes. Ces fonctionnaires ont la responsabilité de milliers d'élèves et d'employés.
Au sein de la Fédération, un lobby qui emploie 40 personnes et représente les intérêts de 61 commissions scolaires, la directrice générale, le directeur des communications, le secrétaire général et le directeur des relations de travail sont tous éligibles à pareils bonis.
L'ADQ outrée
La Fédération des commissions scolaires, qui est subventionnée à 100% par des fonds publics, a dû confirmer l'existence de ces primes, hier, après que le Journal eut révélé l'état de ses finances.
L'organisme dispose d'un surplus de 400 000 $ et verse à ses dirigeants des salaires de hauts fonctionnaires.
La directrice générale de ce lobby, Pâquerette Gagnon, reçoit le même traitement salarial qu'un sous-ministre adjoint.
Dans la fonction publique, un tel poste est accompagné d'une rémunération pouvant atteindre 167 000 $ par an. Le porte-parole de l'ADQ en matière d'éducation, Gérard Deltell, a vivement dénoncé la situation. «Je suis outré d'apprendre que nos taxes servent à remplir les poches de dirigeants d'un regroupement de regroupements», a-t-il indiqué.
Le député demande à la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, de prendre les moyens requis pour que la Fédération rende des comptes à la population.
Ils n'étaient pas sur le site Web
Hier, le président de ce lobby, André Caron, a défendu les salaires versés aux dirigeants de l'organisme. Il a laissé entendre que les états financiers de la Fédération figuraient sur son site Internet depuis longtemps, ce qui n'est pas le cas.
Ils y sont apparus jeudi dernier, à la suite d'un premier reportage du Journal et après que la ministre Courchesne ait contacté M. Caron pour l'inciter à plus de transparence.
«Ce n'était pas de la malveillance, assure le porte-parole de la Fédération, Denis Pouliot, qui invoque un imbroglio administratif pour expliquer la situation. Dorénavant, ils seront toujours là», dit-il.