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Drame familial à Laval

Un effet d’entraînement?

Agence QMI  Reine Côté
01/04/2009 16h28 - Mise à jour 01/04/2009 19h00

Drame familial à Laval - Un effet d’entraînement?
 
© LA PRESSE CANADIENNE/ Luc Cinq-Mars

La mort de deux fillettes, hier, à Laval, laisse croire à certains spécialistes qu’il y aurait présentement un effet d’entraînement au Québec, entourant les drames familiaux.

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  • Outre Laval hier, des drames de ce type se sont aussi récemment produits à Saguenay, Piedmont, Saint-Élie et Matane. En tout, ce sont sept enfants qui ont été tués par un de leur parent au Québec, en moins de trois mois.

    «C’est certain qu’il y a un effet d’entraînement », affirme Harry Timmermans, ancien psychologue expert du Service d’expertise et de médiation familiale au Centre jeunesse.

    «Pour une personne en détresse, voir quelqu’un passer à l’acte, ça devient comme un héros. Ça devient sa solution », précise M. Timmermans.

    Selon ce dernier, les personnes optant pour le meurtre ou le suicide ont vécu un drame antérieur personnel, ce qui les rend plus fragiles lorsqu’elles font face à une séparation.

    «Une personne victime de rejet dans son enfance percevra la situation comme une répétition de ce qu’elle a vécu.»

    Le psychologue expert blâme donc le manque de ressources préventives. «Il n’y a pas de ressources d’aide actuellement pour les gens qui se séparent. Et ils n’appelleront pas Suicide action s’ils n’ont pas en tête l’idée de se suicider.»

    Dominic D’Abate qui a passé plus de 20 ans de sa vie à offrir des services de médiation, déplore lui aussi l’absence de services de soutient au conjoint en crise.

    Il estime que les juges pourraient jouer un rôle préventif en situation de crise puisqu’ils sont les mieux placés pour déceler l’état conflictuel entre les conjoints. «La Cour devrait avoir des coordinateurs parentaux assignées aux conflits, comme ce qu’offrent plusieurs états américains.»

    La mère des deux enfants devra comparaître dans les prochains jours devant le tribunal pour faire face à des accusations d’homicide.


    Pas moins de six drames familiaux sont survenus au Québec en l’espace de trois mois depuis le début de 2009, faisant 13 morts dont huit enfants. Quatre de ces drames ont eu lieu au cours de la dernière semaine.

    Saguenay, 4 morts
    1er janvier

    La nouvelle année a commencé sur une note tragique avec ce pacte de suicide qui s’est produit le Jour de l’An dans une résidence familiale de Saguenay, où trois jeunes enfants ont perdu la vie en raison de la détresse de leurs parents. Marc Laliberté et Cathie Gauthier, qui éprouvaient de sérieux problèmes financiers, auraient mis fin aux jours de Joëlle (12 ans), Marc-Ange (7ans) et Louis-Philippe (4 ans). Seule survivante de cet horrible drame, la mère de 35 ans a été accusée du triple meurtre de ses enfants et d’avoir aider au suicide de son époux. Après avoir été remise en liberté, Cathie Gauthier a été citée à procès le 19 mars dernier. Elle doit revenir devant le tribunal le 6 avril.

    Piedmont, 2 morts
    21 février

    Deux autres enfants sans défense ont été victimes d’un drame familial, le 21 février, à Piedmont dans les Laurentides. Olivier, 5 ans, et Anne-Sophie, 3 ans, auraient été poignardés par leur père, un cardiologue de 36 ans qui n’a pas accepté la séparation avec sa conjointe. Cette dernière, également médecin à l’Hôtel-Dieu de St-Jérôme, était en voyage de ski dans Charlevoix au moment du crime. Guy Turcotte a été accusé du double meurtre de ses enfants. Il reviendra en cours le 30 avril.

    Laval-des-Rapides, 2 morts
    24 mars

    Un chauffeur de taxi a tué sa femme de 38 ans à l’aide d’une arme à feu avant de retourner le fusil vers lui, le 24 mars, à Laval-des-Rapides. Encore une fois, l’homme d’origine libanaise de 57 ans était incapable de supporter les procédures de divorce. Les deux corps ont été retrouvés dans la résidence familiale par l’un de leurs trois enfants, âgé de 15 ans.

    St-Élie-d’Orford, 2 morts
    25 mars

    La communauté de St-Élie-d’Orford, près de Sherbrooke, est sous le choc depuis qu’une mère a emporté dans la mort son fils Jérôme, âgé seulement de 9 ans, le 25 mars. Propriétaire d’un salon de beauté, Sylvie Laneuville, 43 ans, était séparée de son conjoint depuis quelques mois. Des traces de violence auraient été retrouvées sur les dépouilles.

    Laval, 2 morts
    31 mars

    Deux fillettes de 8 et 9 ans ont été retrouvées sans vie, mardi, dans une luxueuse résidence de Laval. Les policiers ont procédé à l’arrestation de la mère, Adèle Sorella, qui doit être accusée. La femme dépressive était suivie psychologiquement.

    Matane, 1 mort
    1er avril

    Un jeune homme de 19 ans aurait tué son frère aîné de 21 ans dans la nuit de mardi à mercredi, à Matane, après avoir tenté d’enlever la vie à ses parents. Le père de 51 ans et la mère de 42 ans ont subi de graves blessures.






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