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Consommation record

Nos enfants assommés au Ritalin

Sébastien Ménard
Le Journal de Montréal
26/01/2009 05h46 - Mise à jour 26/01/2009 12h24

Consommation record - Nos enfants assommés au Ritalin
Les pharmacies de détail du Québec n’ont jamais distribué autant de méthylphénidate, comme le Ritalin, qu’au cours de l’année 2008.  
© Photo Le Journal

La consommation des médicaments de la famille du Ritalin a atteint un record au Québec en 2008, une situation jugée alarmante par certains observateurs, qui y voient un autre signe que les parents sont stressés et les profs, débordés.

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  • Les médecins sont mis sous pression
  • Les deux côtés de la médaille
  • Des parents désemparés
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  • Votre opinion

    Devrait-on réduire la consommation de Ritalin au Québec?

    Consultez le tableau:

  • Le Ritalin en chiffres
  • Alors que la province représente un peu moins du quart de la population canadienne, on y a émis l'an dernier 41% des ordonnances de méthylphénidate et vendu 33% des comprimés, selon des données obtenues par le Journal auprès d'IMS Health.

    Cette catégorie de médicaments, qui inclut notamment le Ritalin et six produits génériques, est destinée principalement aux enfants qui présentent un trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH). Ceux-ci peuvent être impulsifs, agités et avoir du mal à se concentrer.

    «Le nombre d'ordonnances de méthylphenidate délivrées au Québec n'a jamais été aussi élevé qu'en 2008», confirme Madeline Gareau-Ladgen, porte-parole d'IMS Health, une firme spécialisée dans les données pharmaceutiques. Le nombre de prescriptions y a augmenté de 14% en un an.

    Le Québec trône loin devant les autres provinces quant au nombre d'ordonnances et figure tout juste derrière l'Ontario pour le nombre de comprimés. Nos voisins ont consommé l'an dernier 38,1% des pilules de méthylphénidate, alors qu'ils représentent 38,5% de la population.

    Le chemin le plus court

    Le psychothérapeute et docteur en neurosciences Joël Monzée s'inquiète de la popularité de ces médicaments au Québec.

    «On se retrouve dans un système où, si l'enfant ne rentre pas à l'intérieur des attentes, on considère que sa réaction est pathologique et donc, on lui donne un médicament», déplore M. Monzée.

    Selon l'expert, l'augmentation de la consommation de méthylphénidate est attribuable au stress des parents et au manque de ressources dans les écoles.

    «Quand il y a 25 élèves dans une classe et que cinq bougent sans arrêt, ça peut être extrêmement dur pour les enseignants. Ils mettent beaucoup de pression sur les parents», dit Joël Monzée.

    «Les parents, eux, veulent la paix. Mais l'enfant bouge parce qu'il a besoin de son papa et de sa maman», observe-t-il.

    Stressés, les parents se tournent généralement vers un professionnel de la santé qui n'a guère le temps de s'occuper d'eux, selon Joël Monzée. «Le médecin voit une famille en crise. Il n'a pas le temps de se poser de questions», dit le psychothérapeute.

    Trop facile

    Marie Noël-de-Tilly se bat pour éviter que son fils Émile, huit ans, ne consomme du Ritalin. «J'ai toujours douté de la nécessité de lui en donner», confie-t-elle.

    À son avis, les médecins manquent d'écoute lorsqu'il s'agit de diagnostiquer le trouble du déficit de l'attention.

    On lui a souvent proposé de donner du Ritalin à son fils, «trop rapidement, sans observation.» «C'est trop facile», dit-elle.








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