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Éducation - Maternelle

Les hommes quasi absents

Jean-Philippe Pineault
Le Journal de Montréal
19/01/2009 07h25 

Éducation - Maternelle - Les hommes quasi absents
Des profs qui enseignent à la maternelle, comme Pierre Pelletier, sont rares dans les écoles du Québec.  
© Photo Le Journal, Martin Bouffard

Si le prof qui enseigne à votre enfant à la maternelle est un homme, vous devriez songer à vous acheter un billet de loto. À la grandeur du Québec, à peine 110 enseignants masculins s'occupent d'une classe de ce niveau.

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Pas toujours facile

Votre opinion

Pensez-vous qu'il devrait y avoir davantage d'enseignants masculins en maternelle?

Des données obtenues auprès du ministère de l'Éducation par le Journal révèlent que la proportion d'enseignants masculins à la maternelle a chuté depuis six ans.

Alors qu'en 2001-2002, les écoles du Québec comptaient 139 hommes dans les classes préscolaires, ils sont passés à 110, en 2006-2007. Cela représente à peine 2 % des 5130 enseignants dans les maternelles de la province.

«C'est clair que le métier d'enseignant au primaire est beaucoup plus identifié à la femme. C'est encore très stéréotypé», lance Réjean Parent, président de la CSQ et ancien prof d'éducation physique au primaire.

Baisse au secondaire aussi

Les hommes sont aussi en minorité au primaire et au secondaire, mais dans des proportions plus importantes qu'à la maternelle.

Même si le nombre d'enseignants masculins a augmenté de 460, la proportion d'hommes qui enseignent au primaire est demeurée stable depuis six ans à environ 15,3 %.

Au secondaire, la proportion d'enseignants masculins a chuté, passant de 43,5% à 38,4 % en l'espace de six ans.

Pédophiles

Plusieurs intervenants du monde de l'éducation montrent du doigt les préjugés encore très vivants pour expliquer le faible nombre d'hommes qui enseignent auprès des plus jeunes enfants.

«Il y a une certaine pression sociale envers les hommes avec les histoires de pédophiles. Ils doivent se justifier davantage par exemple quand ils doivent rester avec un enfant après l'école», affirme Sylvie Viola, directrice du module d'enseignement préscolaire et primaire à l'UQAM.

Cette dernière est aussi d'avis que les hommes abandonnent plus facilement la formation en enseignement, souvent rebutés par l'abondante planification que requiert la tâche.

Yves Parenteau, porte-parole de l'Alliance des professeurs de Montréal, abonde dans le même sens. «À l'université, il y a peut-être un travail à faire pour démystifier ce qu'est véritablement l'enseignement à la maternelle et au primaire», affirme-t-il.

Au cabinet de la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, on dit souhaiter un plus grand «équilibre».








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