Payant de perdre ou de partir

Fabrice De Pierrebourg
Le Journal de Montréal

Dernière mise à jour: 17-12-2008 | 11h39

Une défaite aux élections provinciales ou une démission peuvent s'avérer payantes pour le portefeuille des députés québécois, surtout s'ils sont réélus ensuite. En 20 mois, l'Assemblée nationale leur aurait versé plus de 7 millions de dollars d'allocations de transition secrètes.

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Chaque député sortant a droit à une allocation de départ, appelée allocation de transition. Celle-ci est calculée selon le nombre de ses années de service. Il peut soit l'empocher d'un bloc, soit étaler son versement sur un maximum de 36 mois.

Manque de transparence

Le problème, c'est que ces parachutes dorés, payés par les contribuables, sont gardés secrets par le gouvernement, une opacité et un manque de transparence qui irritent Claire Joly, de la Ligue des contribuables du Québec. C'est pour cette raison qu'elle a pris sa calculette pour se livrer à de savants calculs.

«On n'en parle même pas sur le site Web de l'Assemblée nationale, déplore-t-elle. J'ai appris leur existence en lisant la loi sur la rémunération des députés.»

Selon ses estimations, les 38 candidats défaits en décembre der nier ont reçu 1,2 million de dollars au total.

La plupart, comme le jeune Simon-Pierre Diamond, ont droit à une compensation de 27 000 $. En haut de l'échelle figure le péquiste Daniel Turp, qui obtient la cagnotte record de 80 000 $.

Claire Joly est particulièrement choquée par les 797 000 $ versés à onze députés défaits en 2007, mais réélus récemment.

«Même si leur compteur repart à zéro, on devrait appliquer une carence à ceux qui reviennent [en chambre] après un laps de temps très court», suggère-t-elle.

Ça diffère au fédéral

Claire Joly cite aussi en exemple le gouvernement fédéral, qui interdit le cumul allocation de transition et pension de député, ce qui n'est pas le cas au Québec. Onze députés, dont Louise Harel et Gilles Taillon, peuvent ainsi profiter de ce privilège.

Autre sujet qui la fâche : ceux qui ont démissionné en cours de mandat pour des raisons autres que graves.

«Michel Bissonnet, Philippe Couillard, Diane Lemieux, André Boisclair, etc., on n'a pas à leur dérouler le tapis rouge.

En plus du fait qu'ils ont abandonné leurs électeurs, chacune de ces élections partielles a coûté entre 550 000 et 600 000 dollars aux contribuables».

Avec la collaboration de Serge Laplante


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