Haro sur le cours d'éthique

Louis Mathieu Gagné
Le Journal de Montréal

Des parents opposés au nouveau cours d'éthique et de culture religieuse provenant des quatre coins de la province sont descendus bruyamment dans les rues de Montréal hier pour réclamer la liberté de choix.

Plus d'un millier de manifestants ont dit non à l'imposition de ce cours controversé qui remplace depuis la rentrée les traditionnels cours d'enseignement moral et religieux du primaire et secondaire.

«On réclame le droit de choisir l'enseignement donné à nos enfants ou à tout le moins le droit d'exclure nos enfants de ce cours. C'est inacceptable de se le faire imposer alors que ce n'est pas conforme à nos convictions», a affirmé Marie- Josée Croteau, présidente de la Coalition pour la liberté en éducation (CLE), l'organisme à l'origine de cette marche de protestation.

«C'est l'État qui décide maintenant de ce qui est moralement bien pour nos enfants, même si ça va à l'encontre des valeurs familiales», a dénoncé Mme Croteau, accusant la ministre de l'Éducation Michelle Courchesne d'ignorer les doléances de milliers de parents québécois.

«C'est aux parents et non au gouvernement à établir les balises de l'éducation de leurs enfants. Ce cours est une atteinte à leur foi et ça ne va que créer de la confusion pour les enfants», a dit Jean Morse- Chevrier, de l'Association des parents catholiques du Québec.

Des parents en colère

La manifestation regroupait des parents de diverses communautés culturelles venus d'aussi loin que des régions de la Beauce, Québec et Gatineau.

«On parle toujours des libertés en matière d'orientation sexuelle ou d'avortement. Pourquoi ça ne serait pas la même chose en éducation ? On vit dans une société libre», a affirmé Gilbert Montmimy, un père de famille de Québec.

Certains craignent que ce nouvel enseignement confonde des enfants qui en sont à découvrir leur héritage catholique. «C'est complexe et ils n'ont pas le sens critique pour comprendre les différences», a dit Simon Loiselle, un père de Farnham.

«Le gouvernement n'a pas le droit d'imposer à ma fille l'apprentissage d'autres religions», a dit Rosie Alescio.

La CLE entend déposer d'ici peu auprès du gouvernement une pétition de milliers de noms réclamant le droit de choisir.

Un couple de Drummondville a entamé une poursuite le mois dernier contre sa commission scolaire et le gouvernement, invoquant que son droit de choisir n'a pas été respecté. La requête est à l'étude en Cour supérieure.

lmgagne@journalmtl.com


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