Pour une 6e année consécutive, l’évènement En ville sans ma voiture se déroule sur la rue Saint-Catherine, entre McGill College et Saint-Urbain. Montréal a décidé de rendre cette rue piétonnière pour sensibiliser les gens à laisser de côté la voiture, pour le transport en commun.
« Il faut poser des gestes et fermer la rue Sainte-Catherine, ça marque les esprits, explique Joël Gauthier président-directeur général de l’Agence métropolitaine de transport. Le centre-ville représente 40 % d’utilisation du transport en commun, durant l’heure de pointe. Ça fonctionne très bien et maintenant nous essayons de nous tourner vers les banlieusards qui n’ont pas encore laissé de côté leurs voitures ».
Le maire de Montréal Gérald Tremblay, la ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs Line Beauchamp et Joël Gauthier se sont entendus aujourd’hui, lors d’un point de presse, pour dire que le transport en commun est important pour l’environnement, mais aussi pour l’économie.
« En ce moment c’est plus rapide et moins cher de prendre le transport en commun que de prendre sa voiture, explique Joël Gauthier. L’augmentation du prix du pétrole fait mal au budget de toutes les familles et petit à petit les gens se tournent vers d’autres possibilités de déplacements. Nous sommes maintenant victime de notre succès, mais c’est très positif. D’ailleurs, nous allons prochainement annoncer un investissement de 600 M$ dans les trains de banlieue, pour ajouter du service d’ici 2009. Cet investissement vient du gouvernement du Québec et l’on voit que la classe politique devient de plus en plus à l’écoute ».
Les commerçants de la rue Sainte-Catherine sont tous d’accord pour dire que cette journée est profitable pour tout le monde. Selon les employés de plusieurs magasins, la rue se remplie sur l’heure du midi et les milliers de passants amènent un bon chiffre d’affaires. « On entendait des plaintes les deux premières années, mais maintenant les commerçants trouvent leurs parts de profit », affirme Joël Gauthier.
Il faut essayer
Paul Houde est le porte-parole de l’évènement et s’est amusé à expliquer l’importance de prendre le transport en commun. « Oui je m’amuse, parce que pour moi c’est un plaisir de prendre le transport en commun. La première journée, j’étais réticent, mon intimité me manquait, mais après deux semaines je me suis habitué et maintenant je me fais des amis dans les trains de banlieue. L’hiver c’est encore plus plaisant. Je vais voir les matchs de hockey au Centre Bell en veston. Je n’ai pas besoin de manteau, je prends le métro ». Le porte-parole a aussi perdu quelques livres grâce à cette nouvelle habitude et s’est remis en forme. « Je ne suis pas assis dans ma voiture à stresser dans le trafique. Au contraire, je relaxe, je marche, je prends mon vélo et je me sens tout d’un coup plus en forme. Tout ça en venant travailler. Ça me prend 37 minutes venir au travail, au lieu de deux heures si je prends ma voiture. Je ne suis pas anti-voiture, j’en ai besoin parfois pour mon travail, je dis simplement que le mélange des deux est très bénéfique sur plusieurs points ».
Le vélo
À l’occasion de la journée En ville sans ma voiture, la ministre des Transports du Québec Julie Boulet en a profité pour annoncer un investissement de 13,4 M$ pour la Route verte et pour dévoiler la nouvelle politique sur le vélo. Cette nouvelle politique vient appuyer l’utilisation de la bicyclette comme un moyen de transport au quotidien et en milieu urbain.
« Dans un contexte où le gouvernement du Québec souhaite favoriser les déplacements actifs, les saines habitudes de vie, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et le développement économique, touristique et durable des régions, ce virage m'apparaît tout à fait logique et cohérent avec les orientations de la Politique québécoise du transport collectif », a souligné Mme Boulet.