Afin d'assurer la sécurité de leurs clients et d'éviter de se faire de nouveau vider leurs comptoirs en raison d'une contamination à la bactérie Listéria chez le fabricant, des détaillants exigeront des fromageries les résultats de tests d'innocuité de leurs produits.
Aux Petits Délices, détaillant de fromages et produits fins qui possède deux succursales à Québec, on a décidé de mettre en place ces nouvelles exigences à l'intention des fabricants de fromage du Québec. «Nous allons exiger, pour la sécurité de nos clients, que les fromageries nous fassent parvenir leurs cahiers de charge montrant les résultats de tests prouvant qu'ils n'ont pas de bactérie Listéria ou la salmonelle», affirme Benoît Carbonneau, l'un des propriétaires.
Les propriétaires des Petits Délices affirment avoir perdu entre 100 000 $ et 125 000 $ depuis que le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) a ordonné le rappel, le 2 septembre, de tous les fromages en portions provenant des comptoirs de la succursale de l'avenue Cartier. «Nous sommes en train de chiffrer les pertes et de monter un dossier», a indiqué M. Carbonneau, qui n'exclut pas la possibilité de poursuites afin de récupérer une partie de ces montants.
Quant à la succursale de l'avenue Cartier, elle est toujours fermée en attendant les résultats du second test visant à vérifier la présence de la bactérie Listéria Monocytogenes. Le premier test s'est avéré négatif, mais un deuxième est nécessaire pour rouvrir les portes du commerce. Ces résultats devraient être connus d'ici la fin de la semaine.
Pas de compensation
Au MAPAQ, la porte-parole Nathalie Foster indique qu'il n'existe pas de système de compensation pour les commerces au détail touchés par les rappels de fromages. «Nous agissons dans le but d'assurer la sécurité du public et nous ne pouvons faire autrement», a-t-elle mentionné, rappelant que 22 cas de listériose ont été déclarés en rapport avec la même souche de Listéria, dont un qui a provoqué un décès. Parmi ces cas, sept ont touché des femmes enceintes.
Comme le rapportait le Journal la semaine dernière, le MAPAQ poursuit sa réflexion quant à la possibilité d'imposer aux fabricants de fromages des tests d'innocuité de leurs produits. Ces tests n'ont jamais été obligatoires au Québec et coûtent plusieurs centaines de dollars pour chaque fromage.
Mme Foster rappelle qu'il y a 35 000 points de vente au détail de fromages au Québec et que seuls 300 d'entre eux ont été visités en fin de semaine et visés par des rappels de produits. Les 284 inspecteurs du MAPAQ effectuent à chaque année 60 000 visites d'inspection des aliments.
Selon les informations obtenues par le Journal, une campagne de publicité pourrait bientôt tenter de rassurer les consommateurs à l'égard des fromages québécois, durement touchés par la crise. La porte-parole du MAPAQ n'a toutefois pas voulu confirmer le tout.