Le comité exécutif de la Ville de Québec propose de mettre des limites aux gabarits des édifices à construire dans trois secteurs «majeurs» d'activités. Ainsi, la limite sera de 17 étages à Sainte-Foy, de 10 étages dans le secteur Lebourgneuf et de 12 étages dans le secteur d'Estimauville.
Le maire Régis Labeaume veut mettre un frein à la concurrence, à son avis malsaine, que se livrent les arrondissements de la Ville en matière de développement économique.
Les mesures annoncées hier visent particulièrement l'arrondissement Sainte-Foy-Sillery qui, selon l'administration Labeaume, se montre trop accommodant envers les investisseurs en permettant la construction d'édifices à bureaux de 20 étages en bordure du boulevard Laurier au moment où la Ville s'apprête à harmoniser son règlement d'urbanisme.
Considéré comme la porte d'entrée de Québec, Sainte-Foy jouit déjà de l'avantage que lui procure la proximité des ponts et des grands boulevards pour accueillir les entreprises qui désirent construire des édifices à bureaux, a plaidé M. Labeaume en conférence de presse. «Si on laisse Sainte-Foy-Sillery agir comme ils le font, le potentiel de développement des autres secteurs serait nul», a-t-il ajouté.
Nouvelles normes
Les nouvelles normes sur le gabarit des édifices sont contenues dans un projet de règlement devant modifier le Plan directeur d'aménagement et de développement de la Ville (PDAD) et qui sera soumis au vote du conseil municipal le 2 septembre. L'administration Labeaume aura besoin de l'appui de l'opposition majoritaire pour faire adopter ce règlement. Invoquant l'urgence de la situation, le comité exécutif a cependant adopté un «règlement de contrôle intérimaire» qui permet l'application immédiate de normes fixées.
«Le comité exécutif veut s'assurer de l'équilibre et l'équité entre les potentiels de développement des trois centres majeurs d'activités (...) Cet équilibre et cette équité étaient menacés par la décision de l'arrondissement de Sainte-Foy-Sillery, dans le cadre de l'harmonisation réglementaire en cours, de ne pas prescrire de hauteur maximale», a fait valoir l'administration Labeaume par voie de communiqué.
«C'est faux»
«Il n'y a pas de compétition entre les secteurs, c'est faux, cette affaire-là, s'est insurgé le conseiller André Demers, du Renouveau municipal de Québec, qui forme l'opposition au conseil. On ne nous a pas fait la preuve que la proposition de 20 étages n'avait pas de sens. On devra en débattre au conseil.»
Les mesures annoncées hier obligent la firme Cominar à réduire de 20 à 17 étages la première de deux tours à bureaux que l'entreprise construit en bordure du boulevard Laurier. Le projet prévoyait initialement deux immeubles de 27 étages. Il n'a pas été possible de parler au président de Cominar, Michel Dallaire, qui était à l'extérieur de la ville, hier.
Québec veut donc contenir les ardeurs de Sainte-Foy-Sillery pour ne pas compromettre les développements des autres secteurs. «Saint-Roch a besoin d'un second souffle», a prévenu le maire Labeaume. Les entreprises de haute technologie installées au centre-ville pourraient être tentées de déménager quand les mesures fiscales qui leur sont accordées s'appliqueront ailleurs sur le territoire de Québec, craint M. Labeaume.
La Ville tient mordicus à revitaliser le secteur d'Estimauville, que le maire Labeaume compare à Beyrouth (pendant la guerre civile au Liban), en y implantant le projet NeuroCité, avec des aménagements urbains attrayants, dont un jardin public comme celui de Saint-Roch, et par la construction d'un édifice à bureaux qui abritera des fonctionnaires du gouvernement fédéral. «On planche sur des projets intéressants pour Saint-Roch et d'Estimauville», a conclu le maire Labeaume.