«Fast-food religieux»

MARC GENDRON

Pour s'assurer que leurs enfants n'assistent pas au nouveau cours d'éthique et de culture religieuse à la rentrée scolaire, des parents de Valcourt en Estrie ont carrément l'intention de les sortir de l'école.

«La religion, c'est pas un buffet chinois, raconte Sylvain Lamontagne, fer de lance du mouvement d'opposition en Estrie. Le gouver nement sort la malbouffe des écoles mais la remplace par le fast-food religieux.» Après l'échec de nombreuses tentatives de faire reculer le gouvernement, les parents de Valcourt envisagent une solution plus radicale.

«On va sortir nos enfants de la classe quand les professeurs vont donner ce cours, explique M. Lamontagne. Si c'est possible, ils se rendront dans un autre local de l'école. Sinon, des bénévoles vont les amener dans une salle communautaire située tout près.»

Un service

M. Lamontagne estime que le fait de retirer ainsi de jeunes enfants de l'école ne les perturbera pas. Il croit plutôt qu'on leur rendra service.

«Ce cours-là va juste servir à mêler nos enfants, dit-il. Je m'efforce de transmettre ma foi à mes filles, je ne laisserai pas l'école détruire tout ce que je bâtis chez moi.»

Le père de deux adolescentes en veut au gouvernement pour sa décision d'abolir les cours d'enseignement religieux traditionnels. « Ils ont agi dans notre dos, scande- t-il. Ce n'est ni à des intellectuels ni à des fonctionnaires de décider de la foi de mes enfants. »

Le refus du gouvernement d'écouter les suppliques des nombreux opposants au cours de culture religieuse précipite la disparition de l'identité québécoise, pense M. Lamontagne.

La Coalition pour la liberté en éducation organise une manifestation à Montréal le 18 octobre.


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