Aveugle et cycliste

Tricycle sur mesure - Aveugle et cycliste

Le tricycle loué par Florence Lévesque et son mari est un vélo à deux transmissions indépendantes. Chacun pédale à son tempoPhoto Le Journal - Benoit Pelosse

Michel Larose
Le Journal de Montréal

Dernière mise à jour: 21-07-2008 | 10h52

Être aveugle et pédaler en ville, c'est pouvoir profiter un peu plus des joies de l'été. Et surtout, c'est sortir de son isolement.

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À 73 ans, Florence Lévesque a découvert une nouvelle vie grâce au vélo.

Mme Lévesque a perdu la vue il y a deux ans à la suite d'une thrombose optique. Un choc. Elle qui croyait pouvoir profiter pleinement de sa retraite.

«Je veux continuer à vivre et surtout retrouver l'autonomie», dit-elle.

La première bouée pour se raccrocher à ses activités quotidiennes fut l'Institut Nazareth et Louis-Braille.

L'an dernier, l'organisme a mis sur pied un projet particulier : offrir aux handicapés visuels l'opportunité de faire du vélo.

«Je n'avais jamais fait de vélo de ma vie, ou si peu», dit l'ex-directrice du Service bénévole de l'Est de Montréal.

Dix-huit sorties

Par contre, son mari, Claude Quivijer, est un adepte de cyclisme, allant même travailler en vélo durant de nombreuses années

«L'été dernier, j'ai encouragé Florence à essayer ce vélo. Elle a tellement aimé ça que nous avons effectué 18 sorties d'une heure trente en moyenne», dit-il.

«L'activité permet de sortir de la maison et de quitter l'isolement qui guette les handicapés visuels, précise la septuagénaire. Il faut oser, sinon on reste replié sur soi-même.»

Le couple se rend à la boutique Vélo Montréal, dans Rosemont-Petite Patrie. Le pilote est assis à côté du passager et il tient de guidon.

Les deux transmissions indépendantes permettent à chacun de pédaler à son rythme, tout en choisissant la vitesse appropriée.

«C'est une belle activité», glisse Mme Lévesque alors que le représentant du Journal de Montréal conduisait le vélo à trois roues.

De l'exercice

Durant la randonnée de 3,2 kilomètres autour du parc Maisonneuve, elle discute de tout et de rien.

«Avec mon conjoint, on va à notre rythme et c'est sécuritaire. Le vélo est stable», ajoute la dame.

Avant de perdre la vue (97% de chaque oeil), Mme Lévesque adorait jardiner. Le vélo l'aide en quelque sorte à reprendre contact avec sa saison préférée.

«L'été représente ma plus grande frustration, dit-elle. Je suis dans le parc et je sens les odeurs, j'entends les bruits, les conversations, les poussettes».

«Je fais de l'exercice et j'ai l'impression de participer à la vie», conclut-elle.


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