L'animatrice et productrice bien connue a fait un vibrant plaidoyer, hier, à Québec, dans le cadre des consultations publiques pour le projet de loi 23 sur les activités cliniques et de recherche en matière de procréation assistée.
«Comment se fait-il que tout ce qui entrave la vie soit couvert par la RAMQ, alors que ce qui peut la favoriser ne le soit pas ?», a-t-elle demandé aux élus en affirmant que porter un enfant était un besoin «viscéral» pour plusieurs femmes.
Attendant elle-même un second enfant grâce à la FIV, Mme Snyder a défendu ceux qui n'ont pas les moyens de se payer les onéreux traitements.
«C'est une grave injustice sociale. La liberté semble disparaître pour certaines personnes qui désirent pourtant simplement donner la vie», a déploré au Journal Mme Snyder après son témoignage, pour lequel elle souhaite qu'il ait été bien reçu.
Limite
La conjointe du patron de Quebecor, Pierre Karl Péladeau, demande au gouvernement d'inclure la FIV dans son panier de services de la santé.
Pour limiter le nombre de naissances multiples, Mme Snyder admet cependant que le nombre d'embryons devrait être déterminé par un comité d'éthique qui relèverait du Collège des médecins.
Selon une étude du Centre de reproduction McGill, réalisée auprès de 190 femmes infertiles, 68 % des naissances dues à la FIV ont été uniques, la mère a donné naissance à des jumeaux dans 31 % des cas, et seulement 1 % ont eu des triplés.
Dans la population féminine en général, le risque d'avoir des jumeaux est de 1 %. Un forfait de trois cycles de FIV coûte entre 11 000 $ et 15 000 $. Étant donné le montant de la facture, et pour augmenter les chances de réussite, les cliniques privées implantent souvent plus d'un embryon dans l'utérus de leurs clientes.
Selon l'Association canadienne de la sensibilisation à l'infertilité, le gouvernement perd au change en refusant de financer à 100 % la procréation assistée. Une étude de la firme torontoise Valore Consulting, réalisée pour leur compte, chiffre de 19 M$ à 35 M$ les économies annuelles en soins prénataux.
L'ACSI fait valoir que, faute de moyens, plusieurs parents désespérés d'avoir un enfant se tournent ver l'injection d'hormones et la prise de médicaments pour stimuler l'ovulation, des méthodes qui engendrent plus de naissances multiples.
Les traitements d'infertilité seraient à l'origine de 30 à 50 % des naissances de jumeaux, et de près de 80% des naissances de triplets, quadruplés et quintuplés. Et qui dit naissances multiples dit fortes chances d'avoir des bébés prématurés à faible poids.
Les multiplés représentent 2 % du total des naissances au Canada.
L'an dernier, le Québec a enregistré 84 200 naissances, de ce nombre quelque 2 200 sont des naissances multiples.