À la demande du Journal de Montréal, le ministère de l'Éducation a accepté de fournir le taux de décrochage de chacune des écoles secondaires du Québec. Il s'agit là d'une première, selon une porte-parole.
Dans près de la moitié des établissements de Montréal, plus d'un élève sur trois avait déserté les salles de cours avant d'avoir terminé ses études secondaires à la fin de l'année scolaire 2006-2007.
La problématique du décrochage n'échappe pas à la banlieue ni aux régions.
Ainsi, cinq des sept écoles secondaires de Longueuil sont aux prises avec un problème similaire. Plus du quart de leurs élèves a quitté les bancs d'école sans aucun diplôme, l'an dernier.
«C'est extrêmement préoccupant», lance la présidente de la Commission scolaire de Montréal, Diane de Courcy. Elle avoue être «déçue» de voir autant de jeunes quitter l'école sans aucune qualification en poche.
Le spécialiste du décrochage Pierre Potvin abonde dans le même sens.
«Il faut absolument réagir. C'est grave», dit M. Potvin, professeur à l'Université du Québec à Trois-Rivières.
Les pires
L'école secondaire Pierre-Dupuy, dans l'arrondissement de Ville-Marie à Montréal, affiche le pire taux de décrochage dans la métropole et se situe au deuxième rang pour l'ensemble du Québec. Elle n'est devancée que par l'école Wiinibekuu, située sur le territoire autochtone de Waskaganish, dans le Nord-du-Québec.
Près de 85% des élèves de Pierre-Dupuy quittent l'établissement sans aucun diplôme ou qualification. Plus du quart des élèves de cette institution éprouvent des difficultés d'adaptation ou d'apprentissage.
Consciente du problème qui affecte son école, la directrice assure que des mesures sont tranquillement mises en place pour renverser la vapeur.
«C'est sûr que c'est difficile de voir un jeune quitter l'école. C'est pour ça qu'on se questionne et on regarde ce qu'on peut faire», dit Ginette Rioux.
La pauvreté en cause
La pauvreté est un élément déterminant du décrochage scolaire. La vaste majorité des écoles où le taux de décrochage est le plus élevé sont considérées comme défavorisées par le ministère de l'Éducation. C'est le cas des écoles Saint-Henri et Père-Marquette, qui arrivent respectivement 7e et 9e dans ce palmarès.
Cette situation n'étonne pas Robert Cadotte, spécialiste de l'enseignement en milieu défavorisé. Il estime que le gouvernement n'en fait pas assez.
«On fait comme si rien ne se passait, tonnet- il. Il faudrait injecter des centaines de millions de dollars pour régler le problème.»
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