Refuge pour terroristes

Fabrice De Pierrebourg
Le Journal de Montréal

Le Canada devient un «refuge» pour terroristes à cause de sa politique «laxiste» d'immigration, des «courbettes» des politiciens devant certaines communautés et de la peur d'être traités de racistes. C'est l'opinion émise dans un livre dévoilé hier par l'Institut Fraser.

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Pour l'ex-diplomate Martin Collacot, coauteur avec Alexander Moens, notre système d'immigration et d'asile est carrément «dysfonctionnel» et est un «échec».

«Il faut donner le crédit aux conservateurs de Stephen Harper pour les progrès réalisés», dit-il en entrevue au Journal, mais on doit faire mieux et vite.

Certains politiciens critiqués

Les auteurs ne se gênent pas pour critiquer certains politiciens, qui seraient plus intéressés à gagner les votes des communautés qu'à réformer le système. Et de citer l'exemple de Paul Martin qui refusait de placer les Tigres tamouls, «organisation terroriste la plus meurtrière au monde», sur la liste des groupes terroristes pour «plaire» aux Tamouls du Canada.

Ils dénoncent aussi l'attitude des partis d'opposition et des groupes de pression, comme les coalitions défendant les individus visés par des certificats de sécurité. Au passage, ils lancent une pique à la commission Bouchard- Taylor, où la «crainte d'offenser un groupe ethnique particulier» aurait miné le débat. «L'argument de l'islamophobie est utilisé systématiquement par les islamistes», déplore-t-il.

Ces arguments-chocs ont déjà été exprimés dans le passé par certains experts.

Exemple, l'ex-juge français antiterroriste Jean-Louis Bruguière avait publiquement critiqué le Canada parce qu'il n'arrivait pas à faire extrader des Montréalais impliqués dans des complots en France.

D'ailleurs, l'un d'entre eux, condamné à Paris en 2001, est toujours au Canada.

Récemment, c'est la vérificatrice générale qui a révélé que 41 000 illégaux, dont des criminels et des terroristes, se seraient évaporés dans la nature.

État policier ?

Me Stéphane Handfield, avocat en immigration, est «inquiet». «Il y a des lacunes, mais la principale cause est un manque criant d'effectif», dit cet ancien commissaire à l'immigration. Il assure qu'il «y a déjà beaucoup de mesures de sécurité et de vérifications en place. Et de plus en plus depuis l'arrivée des conservateurs, hélas.

«Aller plus loin, prévient-il, équivaudrait à tomber dans un État policier.»


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