«Ça pourrait être la pire situation qu'on a vue depuis bien des années. Si on n'a pas d'aide, on n'y arrivera tout simplement pas ", prévient le président de l'Association des médecins d'urgence du Québec, le Dr Nicolas Vanier.
«Il y a beaucoup de découragement. Le moral n'est vraiment pas bon», ajoute-t-il.
Rupture de service au CHUM
Autant les médecins que les infirmières manquent cruellement d'effectifs. Déjà, la situation est difficile pour les professionnels et ne va pas en s'améliorant.
«Il y a des risques de rupture de service dans certains hôpitaux [dont le CHUM]», prévient le président de la Table des chefs d'urgence de Montréal, le Dr Bernard
Mathieu. Une situation rarissime pour un si grand centre.
Ces lacunes entraînent des risques pour la sécurité des patients. Le personnel est manquant, plus fatigué et accorde moins de temps et d'attention aux malades.
Cris d'alarme
«Les patients attendent plus longtemps pour voir un médecin et les infirmières ont moins de temps pour les surveiller», dit le Dr Mathieu.
«C'est inévitable, des erreurs sont commises», ajoute le directeur de l'Association des infirmières d'urgence, Réal Gagné.
Les cris d'alarme des corps professionnels fusent d'un peu partout dans la province.
Les infirmières des hôpitaux Honoré- Mercier et Sacré-Coeur se sont plaintes des conditions au CA cette semaine et les médecins des hôpitaux du CHUM et de Saint-Eustache peinent à assurer le service aux citoyens. Ce n'est que la pointe de l'iceberg, disent les différents acteurs du milieu.
Les urgences de Sainte-Justine et de Charles-LeMoyne sont aussi problématiques, disent des observateurs.
Appel à l'aide
«Tout le monde est en difficulté», assure le Dr Bernard Mathieu, qui ne s'étonnerait pas de voir des cas comme celui de Saint-Eustache -- les quarts de travail ne sont pas tous comblés, l'attente atteint parfois les 24 heures et on demande à répétition à la population d'éviter l'urgence - surgir un peu partout dans la région.
Les urgentologues voient mal comment ils feront fonctionner leurs salles d'urgence de façon efficace avec tous les trous qui parsèment les horaires et les infirmières peinent aussi à fournir.
«On n'est pas assez, lance la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, Lina Bonamie. Les gens sont désespérés.»