L'alpiniste québécois François-Guy Thivierge, qui souhaite planter le drapeau du 400e anniversaire de Québec sur le toit du monde, est actuellement bloqué au camp de base parce que la Chine craint un coup d'éclat des opposants au régime lors du passage de la flamme olympique sur l'Everest.
«Ils savaient qu'il y aurait des restrictions, mais il y a d'autre chose qui s'est ajouté. Ils ne pourront pas franchir le camp trois avant que le flambeau olympique ne soit passé. Ça les retarde d'au moins deux semaines sur leur itinéraire», a expliqué Karine Daigle, une amie de François-Guy Thivierge qui agit à titre de porte-parole pour son expédition. Sylvie Fréchette qui souhaite également atteindre le plus haut sommet du monde se trouve dans la même situation.
En plus d'être bloqués au camp de base, l'alpiniste et son équipe se sont vu saisir leur matériel de communication tels ordinateurs portables, caméras et téléphones satellites par les autorités népalaises à la demande de la Chine. «Les restrictions sont très importantes. Tout le matériel est confisqué et ils doivent se rendre sous une tente pour leurs communications sous la surveillance d'un agent de liaison. Tout est écouté», a ajouté Karine Daigle qui a parlé avec l'alpiniste dans la nuit de mardi à mercredi.
François-Guy Thivierge a d'ailleurs envoyé une capsule téléphonique dans laquelle il décrit les contraintes avec lesquelles lui et son équipe doivent composer. «Maintenant ça va être très difficile de pouvoir communiquer avec vous. Parce qu'il va falloir que je marche une dizaine de minutes pour me rendre à une tente de police...] [... Et il faut que ça soit des appels personnels ou des appels à ma famille. On va quand même communiquer avec les médias les lundis pour faire un rapport de la situation. Alors avis aux médias qui sont déjà inscrits dans mon programme. Ce que je vais faire c'est que je vais vous parler comme si vous étiez un membre de ma famille. Je vais donner un compte-rendu comme ça. On ne peut pas parler de la Chine. On ne peut pas parler du Tibet. Alors posez-moi pas des questions pour que je puisse dire le mot Tibet ou le mot Chine. Je ne peux pas !»
Pas en danger
L'objectif d'atteindre le sommet de l'Everest ne serait pas en danger pour le moment. «Ils peuvent continuer leur expédition et ils ne sont pas en danger. Ils doivent juste respecter les restrictions qui leur sont imposées parce que les autorités sont assez strictes pour les expulser du pays», a conclu Karine Daigle.