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Prime de transition

Des départs coûteux

Mathieu Boivin
Le Journal de Montréal
04/04/2008 06h06 

Le député libéral Roch Cholette ne semble pas vouloir renoncer à sa prime de transition de 97 500 $, l'équivalent d'une année de salaire, même s'il quitte l'Assemblée nationale de son propre gré, à peine plus d'un an après sa réélection.

Votre opinion :

La prime devrait-elle être allouée aux élus qui partent de leur plein gré?

M. Cholette n'a pas voulu répondre clairement lorsque nous lui avons demandé, à plusieurs reprises, s'il entendait renoncer à cette prime de transition, comme le lui demande la Ligue des contribuables du Québec. «Je vais respecter l'ensemble des règles édictées par l'Assemblée nationale, qui sont là pour tous les élus», s'est-il borné à dire.

La présidente de la Ligue des contribuables du Québec, Claire Joly, soutient que «les députés quittant la vie politique de leur plein gré ne devraient pas avoir droit à une prime de départ. Cette pratique n'existe pas dans le secteur privé et les contribuables qui quittent leur emploi volontairement n'ont pas droit à l'assurance- chômage.»

Mme Joly fait aussi valoir que «la démission d'un député en cours de mandat a des conséquences financières qu'il ne faut pas prendre à la légère»: les élections complémentaires qui doivent se tenir pour remplacer un démissionnaire coûtent, en effet, plus de 500 000 $ chacune.

Elle souhaite ainsi que les règles d'octroi de primes de transition par l'Assemblée nationale soient revues en cas de départ volontaire et que les montants de ces allocations soient systématiquement rendus publics.

Départs en série

La démission de Roch Cholette, qui prendra effet le 9 avril, au lendemain du vote sur le budget, est la quatrième depuis les élections du 26 mars 2007.

Rappelons que Rosaire Bertrand, ex-député péquiste de Charlevoix, a démissionné le 14 août, empochant une prime de séparation de 117 000 $. L'élection complémentaire qui a suivi dans Charlevoix a coûté 570 000 $.

Le 17 octobre, c'est la députée péquiste de Bourget, Diane Lemieux, qui quittait ses fonctions en raison de désaccords avec Pauline Marois. Elle a touché une prime de transition de 106 000 $.

Enfin, l'ex-chef péquiste André Boisclair a officiellement laissé son siège de Pointe-aux- Trembles le 15 novembre. Il n'était pas admissible à une prime de transition, en ayant déjà encaissé une lors de son premier départ de la vie politique en 2004.

La date des élections complémentaires dans Bourget, Pointeaux- Trembles et Hull n'est pas encore connue. Le gouvernement Charest a jusqu'au 17 avril pour annoncer la date du scrutin dans Bourget. L'élection complémentaire aura lieu cinq semaines plus tard.








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