«Au début, je ne m'en rendais pas compte... Je prenais une couple de bière à l'ouvrage, une couple en arrivant à la maison. Puis après, deux, trois bières en me levant, le matin...»
Dans la cuisine de sa petite maison de ville Émard, Stéphane (nom fictif) boit sa Labatt Bleue à petites gorgées, lorsque le Jour nal le rencontre.
«Je n'ai jamais changé de sorte», précise-t-il.
Routine
«Je suis entré à Labatt à vingt et un ans et je buvais de temps en temps à cette époque.»
Puis, la bière étant partout dans son environnement, il a fléchi.
«En réalité, prendre de la bière, c'était rendu une routine, une habitude, confie-t-il. Même quand la compa gnie a instauré la politique de tolérance zéro, j'ai continué.»
«Comme la plupart des autres. Cette politique n'a rien changé. C'est tellement simple. Il n'y a qu'à prendre une bouteille sur la soutireuse-remplisseuse. Il en passe 1 000 à la minute... Il suffit de la glisser dans sa ceinture, sous sa chemise, et d'aller la boire aux toilettes ou à son casier.»
Plusieurs cas
Une situation qui existe toujours, selon lui : «Pas pour rien que Labatt envoie quatre ou cinq de ses employés chez Jean Lapointe, chaque année.»
La maison Jean- Lapointe est un centre de traitement de l'alcoolisme, des autres toxicomanies et du jeu, à Montréal, qui traite en moyenne 1 200 personnes par année.