En bordure de l'autoroute 640, au nord de Montréal, le panneau indique «640 raisons d'aller acheter des cigarettes à Kanesatake».
La Ville de Montréal n'est pas épargnée par cette campagne de publicité choc. Un panneau en bordure de l'autoroute 20, dans l'Ouest-de-l'Île, indique «20 raisons d'habiter une banlieue plate», alors qu'un autre, aux abords de l'autoroute 40, propose «40 raisons d'aller visiter les frais chiés de Montréal».
Des messages tout aussi tordus, utilisant chaque fois les numéros d'autoroute où ils sont situés, seront placés un peu partout au Québec d'ici à la fin du mois. Pas moins de 85 affiches seront installées.
Dans les cas de Saint-Eustache et de Montréal, cependant, le Journal a appris que les villes sont impliquées malgré elles dans l'opération, puisque les publicités leur rapportent des redevances de plusieurs milliers de dollars.
En effet, les panneaux où sont affichés les messages controversés sont situés sur des terrains appartenant aux villes, une situation qui rend les maires Gérald Tremblay et Claude Carignan mal à l'aise (voir l'autre texte).
«Faire jaser»
Le concepteur de la campagne de publicité, Dominic Bourdages, de la fir me montréalaise OSL Marketing, ne cache pas que l'objectif est de «provoquer et de faire jaser le monde».
«On annonce un produit qui inspire une grande liberté et une certaine force, dit-il. On peut se permettre des formules irrévérencieuses et même baveuses pour promouvoir la marque Harley-Davidson.»
Selon lui, les personnes qui seront blessées par certains messages «n'auraient de toute façon jamais acheté de motos».
La pose des messages a débuté lundi et doit se poursuivre jusqu'à la fin du mois.
Presque toutes les régions du Québec seront l'objet de moqueries parfois blessantes. Mais certaines ont été adoucies par rapport à leur version originale.
Dominic Bourdages donne l'exemple de l'affiche de Saint-Eustache, où le message devait être: «640 raisons d'aller discuter golf avec un Mohawk de Kanesatake». Il admet que «c'était peut-être pousser l'humour trop loin».