De nouvelles données produites par le ministère de la Défense nationale révèlent que près de 5000 soldats canadiens souffrent de dépression, de stress post-traumatique ou d'autres problèmes de santé mentale.
En réaction à la question posée par les députés fédéraux il y a deux mois, le ministère vient tout juste de diffuser un rapport qui comporte des résultats alarmants. En effet, 4917 dossiers actifs en santé mentale sont, en ce moment, traités dans les Forces armées canadiennes.
Selon le rapport, ce personnel fait actuellement l'objet de services spécialisés.
D'après la critique néo-démocrate à la Défense, Dawn Black, «cela démontre que la vie militaire est stressante. Les soldats sont séparés de leur famille. Ils subissent des entraînements et participent à des déploiements de longue durée. Tous ces facteurs contribuent au phénomène.
«De même, comme ils sont de plus en plus nombreux à revenir d'Afghanistan, on constate que le nombre de militaires qui sont désormais atteints de problèmes de cet ordre est ahurissant. Nous devons absolument faire en sorte que l'aide nécessaire soit à leur disposition lorsqu'ils en ont besoin.»
Les réservistes aussi
Pour leur part, les porte-parole du Ministère indiquent que ces dossiers portent principalement sur les membres réguliers des Forces armées, mais que certains réservistes reçoivent aussi des traitements.
Le comité de la défense de la Chambre des communes a commandé une enquête sur la question en vue d'évaluer l'ampleur du problème.
À ce chapitre, la députée Black précise que les membres du comité tentent d'établir quels moyens pourraient contribuer à prévenir les problèmes de santé mentale liés au service militaire, mais aussi permettre de les traiter rapidement et efficacement.
«Les proches des soldats affectés nous indiquent qu'il est immensément difficile d'obtenir un diagnostic, explique Mme Black. Je crois que l'armée a tenté d'apporter certaines améliorations. Pendant les audiences, nous espérons découvrir la portée des mesures supplémentaires à prendre pour assurer l'aide pertinente aux membres des Forces canadiennes qui reviennent du front.»
Le mois dernier, le ministre des Anciens Combattants, Greg Thompson, a qualifié le nombre croissant de problèmes d'ordre psychiatrique chez les anciens combattants de «défi de l'avenir».
Les données colligées par son ministère démontrent que 10 252 clients souffrent d'un problème psychiatrique, 63 % d'entre eux étant aux prises avec le syndrome de stress post-traumatique ou un trouble associé.