Les données sur l'immigration et la langue publiées hier par Statistique Canada révèlent en effet que près du quart des allophones parle le français à la maison, en hausse de 7% par rapport à 1996.
Et cette tendance est encore plus marquée chez les immigrants arrivés au Québec de 2001 à 2006. Près de 51 % de ces nouveaux arrivants de Chine, de Roumanie et du Maghreb parlent français au domicile familial.
«Cela veut dire que l'intégration se fait mieux, ce qui devrait rassurer ceux qui se préoccupent de la question linguistique», souligne Jack Jedwab, directeur général de l'Association des études canadiennes.
«Des allophones, ça n'existe pas, poursuit le professeur de science politique à la retraite Louis Balthazar. L'important, c'est la langue qu'ils utilisent dans les communications publiques, et il y a une proportion croissante qui choisit de le faire en français.»
Montréal
Dans la région de Montréal, même si la population s'est enrichie de 30 000 personnes, la proportion de francophones a chuté de 2,6% depuis 2001, pour se situer à 65,7%.
«Cette chute s'explique par une forte immigration d'allophones et par le fait que moins d'anglophones sont partis vers d'autres provinces», précise Réjean Lachapelle, directeur de la division des études démolinguistiques de Statistique Canada.
«Il y a deux éléments symboliques: le fait que les francophones forment moins de 80% de la population québécoise et que moins de 50% de ceux qui vivent sur l'île de Montréal sont de langue maternelle française», croit Christian Dufour, professeur à l'ÉNAP.
Accommodements
«Ça démontre que le débat sur les accommodements raisonnables est compréhensible. Les deux symboles sont là et ça donne des munitions à ceux qui pensent que le français perd des plumes au Québec», ajoute M. Dufour.
C'est l'opinion du statisticien Charles Castonguay, de l'Université d'Ottawa. «Il ne faut pas induire les gens en erreur. L'immigrant qui arrive ici a en moyenne 30 ans et il n'apprend pas la langue du jour au lendemain. À peine le quart des immigrants sont d'âge scolaire et sont effectivement francisés par le système d'éducation.»
Dans le reste du Canada, la francophonie continue à régresser. «Le nombre de personnes qui parlent le français le plus souvent au foyer est inférieur de près de 400 000 à la population de langue maternelle française», note Statistique Canada dans son rapport.
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La proportion de la population francophone au Canada a chuté de 22,9 % à 22,1 % de 2001 à 2006. Pour la première fois depuis 1931, la proportion de Québécois de langue maternelle française passe sous la barre des 80%.
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Un Canadien sur cinq parle une autre langue maternelle que le français ou l'anglais. À Montréal, les langues les plus courantes sont l'italien, l'arabe, l'espagnol, le chinois et le créole.
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Sur le 1,1 million d'immigrants qui se sont établis au Canada de 2001 à 2006, près de 80% parlaient une autre langue maternelle que l'anglais ou le français. La population allophone parle plus de 200 langues différentes.