À lui seul, le comportement des conducteurs cause 70% des accidents. De plus, le facteur humain est contributif, avec d’autres, dans 90% des accidents.
C’est en adoptant de meilleurs comportements routiers que les conducteurs peuvent contribuer à la diminution du nombre d’accidents mortels. C’est le message qui se dégage de la première journée du colloque de l’Association québécoise du transport et des routes (AQTR) sur la sécurité routière. Il se tient jusqu’à demain à Québec.
L’année de la sécurité routière s’achèvera en décembre prochain. Un de ses objectifs est de réduire le nombre de victimes sur les routes. Des progrès se font sentir, mais le bilan reste à améliorer.
Les conditions de conduite sont pointées du doigt. L’alcool est, bien sûr, une des causes des tragédies routières, mais ce n’est pas le seul facteur. Fatigue, vitesse, consommation de médicaments, de drogues, utilisation du cellulaire et distractions diverses complètent le tableau noir.
«Les facteurs humains sont importants dans les accidents. Ils jouent presque de façon exclusive. De 30% à 40% des accidents sont dus à des facultés affaiblies. La vitesse est responsable dans 20% à 30% des cas. Ces deux éléments sont beaucoup plus préoccupants que dans le passé», expose Jacques Bergeron, professeur de psychologie et directeur du Laboratoire du simulateur de conduite de l’Université de Montréal.
Nouveaux défis
La fatigue et la distraction se joignent également au banc des accusés. De plus en plus, les conducteurs cèdent à ces facteurs et le danger les guette. La somnolence et surtout la multiplication de «parasites» dans les véhicules engendrent une baisse d’attention. De 10% et 25% des accidents sont dus à l’épuisement, selon M. Bergeron.
Quant à l’inattention, les chiffres varient entre 5 % et 30 %. Les conducteurs plus âgés sont plus sujets à ces deux caractéristiques.
Par exemple, le téléphone cellulaire représente un risque, car le chauffeur accorde de l’importance à sa conversation. En même temps, il relâche son attention sur la route et son champ de vision se rétrécit. De plus, il tient le volant d’une seule main, ce qui réduit considérablement ses réflexes.
D’autres objets peuvent nuire à un bon comportement, comme le GPS. L’automobiliste sera plus distrait et se sentira assisté pour conduire. Il diminuera alors son attention, d’après Jacques Bergeron.
Solutions
Le Québec enregistre de bons points dans les mœurs depuis 20 ans. Le port de la ceinture de sécurité en est un bon exemple. Néanmoins, les mentalités doivent encore évoluer. Les conducteurs ne se rendent pas compte de leur comportement et rejettent souvent la faute sur les autres. Pourtant, la sécurité est l’affaire de tous.
Quant au projet de loi sur la sécurité routière qui a été déposé par la ministre Boulet, M. Bergeron le perçoit d’un bon œil : «Le projet de la ministre Boulet est bien en général. Il touche à tout. Par contre, le dispositif mains libres du cellulaire est néfaste pour conduire. Mais l’interdire n’est pas simple à faire respecter par les policiers. La répression seule ne fonctionne pas. Je préconise une prise de conscience sociale développée sur la coordination de moyens. On doit passer par l’éducation, des campagnes de sensibilisation et un meilleur aménagement des routes. Par exemple, en Suède, c’est tolérance zéro pour l’alcool et les résultats suivent».
Être en forme et avec toutes ses capacités pour prendre le volant devrait faire baisser les statistiques des accidents routiers. Toutefois, les infrastructures ne sont pas toujours bien adaptées pour favoriser une conduite sécuritaire. Des intervenants exposeront leur position à ce sujet, demain, au colloque.