Les élections scolaires, ça vous dit quelque chose? Celles pour élire les commissaires de la Commission scolaire de la Capitale (CSC) se tiendront le 4 novembre prochain. Avec un nouveau modèle de gestion, le Regroupement scolaire pour le partenariat parents, école, communauté (RESPECT) compte bien s’imposer.
Peu populaires ces élections vous direz et avec raison. «C’est là le problème», lance d’entrée de jeu Napoléon Létourneau, homme d’affaires et commissaire sortant qui sollicite un second mandat, dans l’espoir de déloger la présidente actuelle de la CSC, Murielle Gingras. «Le plus gros défi est d’intéresser la population. Ce n’est pas pour rien qu’un parti comme l’ADQ souhaite faire disparaître les commissions scolaires, nous ne répondons plus à notre mission première qui en est une éducative», ajoute M. Létourneau. Consterné, celui-ci souligne que le budget annuel des commissaires dépasse les 250 millions $. «En quatre ans, nous allons dépenser plus de un milliard $. Il doit être possible de dégager un cinq millions à chaque année pour mettre dans la lutte au décrochage ou encore dans les services aux élèves en difficultés. Nous devons redevenir, l’acteur et le joueur sur lequel la population peut compter», affirme l’homme d’affaires.
Nouveau visage
En plus du budget des commissaires de la CSC, l’équipe RESPECT souhaite donner un nouveau visage à la démocratie scolaire grâce à son nouveau modèle de gestion qui comporte trois autres volets. L’équipe de M. Létourneau veut d’abord s’attaquer à la tête du conseil jugeant que celle-ci ne joue pas son rôle auprès du gouvernement québécois, des comités de parents, des syndicats de l’enseignement, du monde des affaires et des organismes communautaires.
Le plan vise aussi à ramener les bons sujets de délibérations à la CSC. «Au cours des quatre dernières années, aucun article ou comité plénier ne s’est intéressé à la mission éducative de la CSC, c’est inacceptable», admet M. Létourneau qui avoue avoir passé quatre ans d’enfer lors de son premier mandat. «La mission du Conseil est d’assurer la réussite des élèves, contrer le décrochage scolaire, aider les enfants qui ont des difficultés d’apprentissage, mais en quatre ans, on a pas réussi à traiter d’un seul de ces sujets», confie-t-il.
RESPECT veut aussi s’attaquer à la structure administrative en révisant le fonctionnement du secrétariat de la CSC. C’est que seulement 35% des gens qui y travaillent sont affectés aux services éducatifs. «C’est comme si Bombardier, qui fabrique des wagons de train, avait plus d’employés à la comptabilité que pour la construction de ses wagons», estime M. Létourneau.
Suzanne Laroche, elle, était commissaire jusqu’au 19 septembre dernier, jour où elle a remis sa démission préférant se consacrer au comité de parents de la CSC. Elle avoue qu’avec l’actuel Conseil des commissaires, les idées nouvelles et intéressantes ne sont pas vraiment les bienvenues. «Il faut donner l’occasion aux commissaires, peu importe leur allégeance, de faire valoir leurs points de vue et leurs idées. En ce moment, c’est plus de la politique de bas étage qui s’y fait alors qu’on doit se consacrer à l’éducation», lance-t-elle. Selon elle, la population de Québec et les parents doivent être informés sur les élections scolaires pour que ceux-ci puissent se donner des écoles à leur image.