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Second Cup

Au diable le français

Marilou Séguin
Le Journal de Montréal
18/10/2007 05h59 - Mise à jour 18/10/2007 08h59

Second Cup - Au diable le français
Mario Beaulieu dénonce les nouvelles enseignes unilingues anglophones de Second Cup. 
Photo Hugo-Sébastien Aubert

Même si c'est illégal, la chaîne de cafés Second Cup perd graduellement son français sur ses enseignes commerciales pour revenir à une version unilingue anglophone.

Votre opinion:
Est-ce que la présence d'enseignes de langue anglaise vous dérange?

Les mots «Les cafés» devant «Second Cup» ont été retirés de plusieurs enseignes dans la région de Montréal.

Une modification qui contrevient à la Charte de la langue française. Dans la province, les marques de commerce peuvent être rédigées dans une autre langue que le français sauf si une version française en a été déposée.

Ce qui est le cas pour Second Cup, qui a enregistré la marque de commerce Second Cup Café Inc. en français il y a une dizaine d'années.

«Nous, on trouve déplorable d'enlever "Les cafés" sans mettre au moins "Café". L'Office souhaite que l'entreprise continue d'afficher en français», dit Gérald Paquette, porte-parole de l'Office québécois de la langue française.

L'amende pour cette infraction peut atteindre 1400 $.

Au siège social de Second Cup, en Ontario, une agente d'information affirme que l'entreprise n'a pas de mandat certifié concernant le changement des enseignes.

«On ne change pas toutes les bannières, mais désormais les cafés qui seront rénovés au Québec ne porteront que le nom Second Cup pour uniformiser partout au Canada», révèle toutefois une préposée au service à la clientèle.

Mobilisation citoyenne

Le Mouvement Montréal français (MMF) entreprend aujourd'hui l'opération «Tasse pas ma langue» pour la francisation des raisons sociales. Une manifestation se déroulera devant un des Second Cup qui a défrancisé complètement son enseigne commerciale.

Le MMF veut inciter les commerces à dénomination anglaise à suivre l'exemple d'Esso, qui récemment décidé de ne pas rebaptiser du nom de On the Run ses 54 dépanneurs connus ici sous le nom de Marché Express.

«La prolifération des raisons sociales en anglais compromet le visage français de Montréal», déplore Mario Beaulieu, président de l'organisme.

Même s'il n'avait pas encore reçu de plainte officielle dans ce dossier, hier, l'Office québécois de la langue française va examiner la situation.

En 2005-2006, l'Office québécois de la langue française a reçu 216 plaintes concernant l'affichage de la raison sociale, soit 4% du volume total de plaintes.






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