«Madame, pourquoi la nourriture de la cafétéria n'est pas bonne?»
La directrice de l'École buissonnière Hélène Bourduas a fait plus que répondre à la question posée par des élèves de 5e année. Avec l'aide de Claude Pelletier, parent d'une élève, chef et copropriétaire du restaurant Le Club Chasse et Pêche, le menu de la cafétéria de cette école primaire d'Outremont a subi un lifting complet en septembre 2006. Navarin d'agneau, risotto, sushi, dumpling... De quoi surprendre les enfants.
«Un tel changement ne peut pas reposer que sur les épaules de la direction, les parents doivent s'impliquer», affirme Hélène Bourduas.
Comme une dizaine d'autres établissements de la grande région de Montréal, l'École buissonnière participe également au projet pilote d'Équiterre qui consiste à jumeler les cafétérias et les agriculteurs québécois.
3,50 $ le repas
L'expérience d'une durée de trois ans compte pour l'instant neuf établissements, mais on souhaite voir tripler le nombre d'écoles, de CPE et d'hôpitaux participants.
«On retrouve à l'épicerie des fraises et des framboises de Californie qui viennent concurrencer nos produits en plein mois de juillet. Le phénomène va aller en augmentant si on ne soutient pas nos producteurs locaux», soutient Frédéric Paré d'Équiterre, un organisme qui depuis quinze ans joue les «entremetteurs» entre les agriculteurs et les consommateurs.
La polyvalente Euclide-Théberge, à Marieville, a pris la décision d'offrir un menu à partir des produits locaux à ses étudiants. Le directeur de l'école secondaire de 1300 élèves croit qu'il est plus responsable d'acheter des produits de ses voisins agriculteurs.
«Si on peut, on le fait», plaide Michel Grisé, lui-même fils d'agriculteur.
Il y a quatre ans, ce directeur a également complètement changé le menu de sa cafétéria.
«Nous n'avons pas attendu que le gouvernement nous le demande. Pour y arriver, nous avons créé une coopérative formée de parents, d'élèves et d'enseignants.» Coût d'un repas complet du midi: 3,50 $, pour une portion d'adolescent. «On ne fait pas beaucoup de profit. Mais avec un peu de volonté, on y arrive.»