Ottawa a donné à l'Agence des services frontaliers l'instruction de répondre« immédiatement» à l'afflux de demandeurs d'asile au Canada et entend réformer ses politiques d'accueil pour qu'elles ne servent qu'aux «vrais réfugiés».
Réagissant aux révélations publiées hier par Le Journal de Montréal, un porte-parole du ministère fédéral de l'Immigration,Mike Fraser, a soutenu que «nous prenons très au sérieux la situation au Québec» et que l'Agence des services frontaliers avait reçu le mandat «d'examiner toutes les options en vue de corriger immédiatement cette situation».
Quant à la ministre de l'Immigration,Diane Finley, elle se penchera «sur des façons de réformer notre politique d'accueil, qui ne doit servir qu'à ceux qui sont vraiment des réfugiés», a précisé M. Fraser.
Mais pour l'ADQ et le PQ, il faut que le fédéral compense le Québec pour les sommes de plus en plus importantes versées en aide sociale à une vague de Mexicains et d'Haïtiens qui, menacés de déportation aux États-Unis, demandent l'asile au Canada.
«C'est le travail de Yolande James (la ministre québécoise de l'Immigration) d'aller voir Mme Finley pour lui dire que s'ils ne sont pas capables de réduire les délais d'examen des demandes d'asile,on va avoir besoin d'aide», plaide la députée adéquiste Catherine Morrissette.
Délai de 14 mois
Le délai moyen d'examen d'une demande d'asile est de 14 mois, et le budget d'aide sociale dévolu aux demandeurs d'asile est en hausse de 33% par rapport à l'an dernier. «La réalité, c'est que c'est l'aide sociale du Québec qui finance la lenteur du système fédéral», a analysé MmeMorrissette.
Le député péquiste Martin Lemay croit lui aussi qu'«il va falloir réclamer des comptes au fédéral, parce que cette vague de demandeurs d'asile n'est qu'un début et que ce sont nos ressources sociales qui risquent d'être hypothéquées à terme».
Au ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale, le porte-parole Claude Morin a soutenu que «rien ne permet de croire que les demandes d'aide sociale faites par des demandeurs d'asile vont continuer de s'accroître, ça fluctue beaucoup d'une année à l'autre».
Notons que la Commission de l'immigration et du statut de réfugié (CISR) a plus de 30 000 dossiers de demandeurs d'asile en attente. Elle ne compte actuellement que 81 commissaires sur les 127 dont elle doit normalement être pourvue.