Encore sous le choc

Viaduc de la Concorde 1 ans après - Encore sous le choc

© Photo d'archives Journal de Montréal/Hugo-Sebastien Aubert

Vicent Larouche, Jean-Maurice Duddin et LA PRESSE CANADIENNE
Le Journal de Montréal

Un an jour pour jour après la mort de cinq personnes dans l'effondrement du viaduc de la Concorde, plusieurs Québécois ont toujours peur de passer sous un pont ou un viaduc.

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«Je ne vois plus les ponts de la même manière. Avant, je vous aurais dit que les ponts étaient construits pour de longues périodes, mais maintenant, on voit que tous les ponts peuvent s'effondrer», affirme Claude Girard, un automobiliste qui a frôlé la mort lorsque le viaduc de la Concorde s'est écroulé à quelques mètres de lui.

Depuis, M. Girard a pris l'habitude de jeter un regard rapide aux ponts avant de passer en dessous.

54% ont peur

Il n'est pas le seul. En juillet, un sondage Léger Marketing réalisé pour Le Journal de Montréal révélait que 54% des Québécois ne se sentent plus en sécurité lorsqu'ils circulent sur ou sous un pont ou un viaduc.

Cinq personnes, dont une femme enceinte, sont mortes dans l'effondrement du viaduc le 30 septembre 2006, alors que six autres étaient blessées, sous les yeux de dizaines de témoins horrifiés.

Chaque fois qu'une population est marquée par une tragédie de ce genre, il lui faut un certain temps pour s'en remettre, affirme le psychiatre Nicolas Bergeron, président de Médecins du Monde - Canada.

Drogue et cigarettes

«Il faut environ trois mois aux gens pour absorber une tragédie de masse, comme l'effondrement du viaduc. C'est ce qu'on a noté à New York après les attentats du 11 septembre», raconte-t-il.

Pendant les mois qui suivent la tragédie, le stress se fait sentir dans la population, souligne le psychiatre. «À New York, après les attentats, il y a eu une forte hausse de la consommation de drogue, de cigarettes, de marijuana. Les gens étaient plus tendus, dormaient moins», dit-il.

Plusieurs raisons techniques ont été avancées pour expliquer l'écroulement du viaduc. Québec a mis sur pied une commission d'enquête à la suite de la tragédie, pour apaiser les craintes du public. Mais les révélations de la commission Johnson ont plutôt entraîné un vent de panique. Un témoignage devant la commission a révélé de graves failles dans la conception et dans l'entretien du viaduc de la Concorde, entraînant l'inspection urgente de 135 ponts et viaducs.

Alors qu'on commémore aujourd'hui le triste anniversaire de l'effondrement du viaduc, le bilan de ces 135 inspections n'a toujours pas été publié par Québec.


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