9 M $ de plus pour une nouvelle chambre hyperbare

Hôtel-Dieu de Lévis - 9 M $ de plus pour une nouvelle chambre hyperbare

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, M. Philippe Couillard. © Marc-André Boivin (Agence Nomade)

Marc-André Boivin
Agence Nomade

Un investissement de plus de 9 millions $ pour l’agrandissement du service de médecine hyperbare, annoncé jeudi matin par le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, permettra au personnel de l’Hôtel-Dieu de Lévis de traiter entre 6000 et 10 000 patients, soit plus du triple de ce qui se fait actuellement.

Alors qu’on parlait d’un investissement de plus de 16 millions au départ (mars 2005) pour donner une toute nouvelle urgence au centre hospitalier, c’est maintenant plus de 25,5 millions qui seront accordés par le gouvernement Charest pour ajouter à ce service une nouvelle chambre hyperbare multiplace, une clinique de plaies complexes, un laboratoire en médecine microvasculaire en plus d’accueillir le Centre de médecine de plongée du Québec. Tout ça sera greffé à l’urgence de l’hôpital.

Pôle de recherche
Le Dr Mario Côté, chef du service de médecine hyperbare du centre hospitalier, accueillait cette nouvelle de belle façon. «Ça va certainement améliorer l’accès aux soins. Les patients doivent présentement attendre entre trois et six mois pour recevoir un traitement. Leur état ne leur permet pas d’attendre autant», affirme-t-il. Le Dr Côté et son équipe traitaient, avec une chambre hyperbare de deux places, entre 1700 et 2000 patients annuellement. Le nouvel espace en sera un de 18 places ce qui augmente considérablement la moyenne annuelle. «10 à 12 places serviront pour les traitements. Les six autres seront destinées à la recherche», ajoute le Dr Côté. L’Hôtel-Dieu sera ainsi l’unique pôle de recherche au Canada.

Architectes et ingénieurs devront toutefois retourner aux planches à dessin car les nouvelles infrastructures devront pouvoir supporter la nouvelle chambre qui ne pèse pas moins de 30 tonnes. «Il faut maintenant compléter les plans et devis pour que ça se déroule le plus rapidement possible», affirme de son côté le ministre Couillard. La demande de la part du Dr Côté et de son équipe ne date pourtant pas d’hier. «Ça fait maintenant 10 ans qu’on travaille sur ce projet », lance-t-il. « On a prouvé dès l’installation de la première chambre hyperbare, en 1999, que celle-ci offrait une capacité insuffisante», confie-t-il. «Il fallait regarder toutes les hypothèses avant d’aller de l’avant à savoir est-ce qu’on installe une nouvelle chambre hyperbare ailleurs, dans un autre centre hospitalier ou est-ce qu’on agrandit celle de l’Hôtel-Dieu de Lévis, affirme de son côté le ministre. Il ne faut pas oublier que depuis des années, la recherche dans ce domaine a avancé», ajoute-t-il.

On sait habituellement que les traitements hyperbares servent, par exemple, à traiter des amateurs de plongée sous-marine qui, souvent, remontent trop rapidement à la surface sans avoir fait le palier de décompression nécessaire qui permet au corps de se réadapter, le tout en augmentant la pression atmosphérique dans le but d’oxygéner les organes des patients. Mais selon le Dr Côté, pas moins de 50% des traitements sont réservés aux gens qui subissent les effets secondaires des traitements de radiothérapie destinés à combattre le cancer. «Ces gens sont traités dans le caisson à raison de 2h15 par jour, cinq jours par semaine pendant une période variant entre un et deux mois», affirme le Dr Côté. Comparativement, les plongeurs eux, doivent passer en moyenne 5 heures à l’intérieur de ce même caisson pour se remettre sur pied.

Le ministre de la Santé a de plus confirmé qu’un espace réservé à l’enseignement serait aussi construit au-dessus de l’urgence de l’Hôtel-Dieu de Lévis. De gros chantiers à venir donc pour l’établissement de Lévis déjà renommé pour ses services de médecine hyperbare.


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