Une étude qui rapporte

Vincent Larouche
Le Journal de Montréal

L'étude d'un chercheur de McGill qui fait sniffer de la cocaïne à des cobayes humains pour en mesurer les effets a été jugée tellement géniale par la communauté scientifique que ses auteurs se sont vu attribuer 120 000 $ par année depuis cinq ans en fonds publics.

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Le Journal de Montréal révélait hier que Marco Leyton, professeur associé au Département de psychiatrie de l'Université McGill, recrute des usagers occasionnels de cocaïne par le biais des petites annonces du journal Hour. Ces derniers doivent sniffer une ou deux doses de cocaïne, offerte gratuitement, avant de se soumettre à une imagerie médicale du cerveau. Ils sont payés pour le faire.

«Parmi tous les projets qui avaient été soumis pour du financement, celui-ci avait été jugé exceptionnel par des scientifiques de partout au Canada [...] avec une équipe dont la qualité est reconnue internationalement et sous la direction de Marco Leyton, un leader mondial en la matière», a expliqué hier Rémi Quirion, porte-parole des Instituts de recherche en santé du Canada.

Les Instituts, qui relèvent du ministère fédéral de la Santé, ont donc décidé il y a cinq ans d'accorder 120 000 $ par année en fonds publics au projet en question, pour une durée de dix ans.

Important

M. Quirion affirme qu'il est important de tester les effets de la cocaïne sur l'humain pour développer des traitements éventuels. «On peut faire des tests sur des animaux, mais il faut bien les valider sur les humains à un moment donné», dit-il.

Informé par le Journal de l'existence de l'étude, le ministre fédéral de la Santé Tony Clement s'est dit «sous le choc» ce weekend. Hier, sa porte-parole Rita Smith a précisé que le financement avait été accordé «à l'époque du gouvernement libéral».


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