«En venant ici comme immigrant, je savais qui j'étais et je savais que je m'installais dans un pays occidental avec État laïque. [...] C'est à moi de m'adapter à ce qui se passe ici, car c'est moi qui ai choisi de venir ici», a indiqué ce professeur de mathématiques à l'Université du Québec en Abitibi- Témiscamingue.
M. Boukhissimi a expliqué au commissaire Gérard Bouchard qu'il suffit de connaître l'islam pour comprendre que plusieurs demandes d'extrémistes musulmans ne sont pas raisonnables. Il a noté au passage que les femmes qui portent un voile complet ne pourraient pas voter à visage couvert dans leur pays d'origine.
«Dans la religion islamique, il y a cinq obligations: professer sa foi, faire la prière cinq fois par jour, faire le Ramadan, donner une dîme pour les pauvres et aller à La Mecque quand c'est possible. Quand on ne fait pas ça, on est punis par Dieu», a-t-il ajouté, recommandant aux autorités civiles de faire appel à des experts pour trancher ce genre de questions.
Ériger des pratiques en obligations
«Tout le reste n'est pas obligatoire. On n'est pas obligés de prier dans une mosquée avec un imam ou d'égorger un mouton le jour du sacrifice. Les femmes enceintes ne sont pas obligées de faire le Ramadan. Le problème, c'est que certaines personnes érigent ces pratiques en obligations et ce sont ces gens qui demandent des accommodements. »
C'est également le point de vue exprimé par Élaine Liewert. «Je crois en la société laïque et de droit dans laquelle je vis et je défendrai toujours avec ferveur toute attaque au droit à l'égalité entre les hommes et les femmes», a expliqué cette citoyenne qui raconte s'être fait expulser d'une taverne parce qu'elle était une femme quand elle avait 18 ans.
«Après le vote à visage couvert, à quand une policière ou une chirurgienne en burqa dans nos institutions publiques? a demandé Mme Liewert. Le problème, c'est l'intégrisme. On ne peut pas dire, ici à Rouyn, il n'y en a pas. Ça n'en prend pas beaucoup pour faire du dommage. L'intégrisme est dangereux car il ne fait pas différence entre l'État de droit et le religieux.»
L'Abititi-Témiscamingue reçoit de 25 à 50 immigrants par année.