Le fond du baril pour Charest

Sondage de la rentrée - Le fond du baril pour Charest

60% des Québécois disent avoir une mauvaise opinion de leur premier ministre.© Photo d'archives PC/Jacques Boissinot

Vincent Larouche
Le Journal de Montréal

Alors qu'il commence à peine son deuxième mandat, Jean Charest est officiellement le politicien le moins aimé au Québec, toutes catégories confondues. Pas moins de 60% des Québécois disent maintenant avoir une mauvaise opinion de leur premier ministre.

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C'est ce que révèle un sondage exclusif mené la semaine dernière par Léger Marketing pour Le Journal de Montréal, TVA et The Gazette. Pour la première fois, les sondeurs ont demandé au public s'il avait une bonne ou une mauvaise opinion de chaque politicien, en y incluant les niveaux provincial, fédéral et municipal.

Même si 38% des répondants conservent une bonne opinion à son sujet, Jean Charest est celui qui récolte le plus haut taux d'opinions défavorables. Jugé négativement par 60% de ses concitoyens, le premier ministre du Québec atteint le fond du baril avec le pire score de toute la classe politique.

Loose-loose situation

«Charest est dans une loose-loose situation, explique Jean-Marc Léger, président de Léger Marketing. C'est un fédéraliste de droite, alors que le Québec réclame habituellement un nationaliste de centre. S'il montre ce qu'il est vraiment, il choque les gens, mais s'il ne dit pas la vérité, les gens le sentent et n'aiment pas ça non plus.»

Diriger le Québec n'est pas facile, et presque tous les premiers ministres ont leurs moments d'impopularité, souligne M. Léger. La particularité de Jean Charest est toutefois de conserver année après année sa réputation négative, selon lui.

«René Lévesque a connu des moments extrêmement difficiles, mais la différence, c'est que c'était à court terme», dit-il.

«Ces résultats montrent que le leadership de Charest est chancelant et ça donne des munitions à ceux qui ne le soutiennent plus. Les prochains mois risquent d'être difficiles pour lui», croit Stéphane Paquin, politicologue à l'Université de Sherbrooke. La rentrée parlementaire à Québec aura lieu le 16 octobre.

Dion, Harper et Arthur

Le deuxième politicien dont les Québécois ont la plus mauvaise opinion est un autre mal-aimé de longue date, Stéphane Dion (58% d'opinions négatives). «Il part de très loin au Québec et il porte sur lui toute l'ère Trudeau-Chrétien, en plus des scandales qui ont marqué son parti», souligne M. Léger.

Viennent ensuite, ex-aqueo, le premier ministre Stephen Harper et le coloré député André Arthur, dont 51% des Québécois ont une mauvaise opinion.

«Harper vient du Reform Party, qui était très anti-francophone, très anti-Québécois, rappelle Jean-Marc Léger. Ça a changé un peu, il a fait beaucoup pour le Québec depuis son arrivée au pouvoir, mais ce n'est pas suffisant.»

Quant à André Arthur, M. Léger croit que «les gens l'écoutaient à la radio, pas parce qu'ils l'aimaient, mais parce qu'ils l'haïssaient».


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