Du shopping vert dans la région de Québec

Vêtements et accessoires - Du shopping vert dans la région de Québec

La designer Christiane Garant de Myco Anna© PhotoCanoë/Mélanie Tremblay

Mélanie Tremblay

Québec - Dans une société où les enjeux environnementaux sont au cœur de nos préoccupations, la consommation verte est croissante. Dans cette optique, Canoë vous fait découvrir cinq boutiques vertes dans la région de Québec, où vous trouverez de quoi vous vêtir de la tête au pied de façon équitable, écologique, biologique et éthique.

Vêtements recyclés

Selon Recyc-Québec, en 2004, le Québec a généré 11,4 millions de tonnes de matières résiduelles. De cette quantité, 89 % pouvaient être recyclés, soit 10,1 millions de tonnes.

«Si chaque individu posait un petit geste pour l’environnement quotidiennement, la situation environnementale s’améliorerait énormément!», a idéalisé Christiane Garant, propriétaire de la maison de couture Myco Anna située sur la rue Saint-Vallier à Québec.

Annuellement, la griffe féminine crée plus de 17 000 vêtements et accessoires uniques faits de 20% à 100% de matières recyclées. 20 000 chandails de laine sont récupérés et 3 000 mètres de balances de tissus commerciaux, souvent destinés à la poubelle, sont intégrés à la production. La griffe se donne comme mission de promouvoir la mode «éco-responsable» afin d’amener une réflexion concrète sur l’état de la planète.

La designer Mariouche Gagné, elle, vient d’ouvrir une seconde boutique de la griffe Harricana sur la rue de la Fabrique à Québec. Elle offre des collections pour toute la famille, créées à partir de fourrure recyclée et de matériaux réutilisés. Vous pouvez également vous faire confectionner un vêtement sur mesure.

«Annuellement, nous recyclons de 4 000 à 8 000 manteaux de fourrure. 50 000 ont été recyclés jusqu’à ce jour. Ce qui équivaut à la sauvegarde de 500 000 petits animaux. Tout près de 5 000 foulards de soie, 1 000 chandails de laine, 1 000 vestons de tweed et 400 paires de jeans ont été recyclés dans les créations», a énuméré la designer.

Têtu Têtu fait aussi dans le recyclage. Située à Lévis, la griffe offre des accessoires et des chapeaux confectionnés à la main et 100% recyclés. Et, les pièces peuvent être réalisées selon les fantaisies des clients.

«La plupart des matières utilisées dans les confections se ramasseraient à la poubelle si elles n’étaient pas recyclées. Beaucoup de fourrure est utilisée dans les créations. Et cette matière est d’une grande durabilité», a expliqué la propriétaire Nathalie Bisson.

Coton biologique

Selon l’étude Équicoton réalisée par synAIRgis, 40% des vêtements sont fabriqués de coton et 125 millions de personnes dépendent du coton pour vivre. En 2005, sur les 85 pays qui cultivaient le coton, 80 étaient en développement. 28 étaient répertoriés par l'Organisation des Nations Unies parmi les Pays les moins avancés. Et, 25 % de l’utilisation mondiale des insecticides seraient liés à la culture conventionnelle du coton.

Même si le coton bio coûte 15 à 30% plus cher que le coton conventionnel, les ventes dans ce secteur ont progressé de 35% par an entre 2001 et 2005, selon Organic Exchange. En 2005, Mountain Equipment CO-OP (MEC) faisait partie des 25 plus grands acheteurs de coton biologique au monde.

L’entreprise a acheté 129 300 kilogrammes de cette matière. MEC a ainsi économisé 42 600 kilogrammes de produits chimiques. Les vêtements fabriqués de fibres naturelles représentent environ le tiers des produits offerts en magasin.

MEC a 11 magasins au Canada, dont un sur la rue Saint-Joseph à Québec. «Notre mission est d’offrir des vêtements et des articles de plein air conçus de façon éthique dans le respect de l'environnement et des travailleurs. Vêtements de coton biologique, gilets de laine faits de fibres de polyester recyclées, vestes de flottaison composées de mousse écologique, articles de plein air en caoutchouc recyclé, sacs d’emballage en amidon de maïs biodégradable, l’entreprise offre que des produits écolos.

MEC est récemment devenue membre de 1 % pour la planète, une association d'entreprises finançant la protection de l'environnement. 1% de son chiffre d'affaires sera remis à des organismes environnementaux. Cela représente des dons de plus de 2 millions $ pour 2007. Depuis 1987, l’entreprise a donné plus de 9 millions $ à des projets de conservation.

La boutique Biofil de Sillery, elle aussi, «s’engage à offrir à ses clients des articles en coton biologique ou en matériel naturel qui contribuent à la protection de l’environnement et qui encouragent des conditions de travail équitables», a défini la propriétaire Caroline Savard. Les produits sont fabriqués notamment au Québec et au Canada. Fils, tissus, literie, vêtements et accessoires pour enfants: tous les produits sont composés de fibres de coton certifiées biologiques et équitables provenant du Pérou, de l’Inde et des États-Unis.

Selon Équiterre, 5 millions de producteurs de coton d’Afrique de l’Ouest ne reçoivent que 34 sous pour un kilogramme de coton fibre sur le marché conventionnel. Les 25 000 producteurs américains de coton reçoivent de 3 à 4 milliards $ en subvention. C’est trois fois ce que les États-Unis investissent annuellement en aide internationale pour les Africains.

Biofil offre également une variété de produits naturels pour le corps, de jouets artisanaux et d’articles 100% québécois fabriqués à partir de matières recyclées.

«Au Québec, le shopping vert est encore à l’état embryonnaire. Les gens sont ouverts, mais il reste beaucoup de travail de sensibilisation à faire», croit madame Savard.


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